Décès du Professeur André Salifou : Hommage de Farmo M.

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Ce samedi 14 mai 2022, le Professeur André Salifou a tiré sa révérence. Né en 1942 à Zinder, le défunt a entre autres présidé la Conférence Nationale Souveraine de 1991 à 1993 puis le parlement de la transition. A cette douloureuse circonstance, Farmo M a voulu lui rendre un hommage.

Celui que d’aucuns prenaient pour le fils de Boubou Hama, a rejoint son père aux cieux. « Mon père Boubou Hama » avait-il dit à La Conférence nationale souveraine. Oui c’était son fils, mais son fils spirituel. Sans doute, le fils tenait du père. À ce père, président de l’Assemblée nationale du Niger dans les années 70, il rendait d’ailleurs visite tous les soirs : ils échangeaient pendant des heures sur la terrasse surplombant le fleuve Niger, aux environs du village de Combo, à Niamey. L’épouse du président était la mère d’André, au sens africain du terme : amie de sa mère, elle considérait André comme son fils, et André la tenait pour sa mère.

Historien émérite, rhéteur hors pair, témoin et acteur de l’histoire du Niger, intellectuel brillant, auteur prolifique, André Salifou, par son œuvre a acquis une place au sein des fils illustres du pays. L’œil vif, la réplique facile et parfois acerbe, il était porté à l’ironie, une ironie amicale, pédagogique qui incitait à la réflexion. Il puisait ses figures de style (zouave, tirailleur, nègre) dans l’histoire coloniale.

Pour moi, André Salifou était tout à la fois l’oncle et le modèle. Nos relations étaient empreintes de respect et de pudeur. Lorsque je le rencontrais il s’écriait : « La philosophie en marche! », je me contentais de sourire.

André Salifou, c’est aussi le courage, la bravoure. C’est celui qui, sous le régime d’exception, à un moment tout le monde s’employait à bien tenir sa langue, osa dire ce que tout le monde savait mais se gardait de dire : que le président Kountché, en tant qu’home, se trompe et pouvait se tromper. C’était au cours d’une conférence publique. Nous pensions tous que ses propos hardis le conduiraient en prison. Mais le président Kountché, homme tempéré, qui savait qu’André avait raison ne fit rien.

André Salifou n’a pas vécu inutilement. Avant de mourir, il a défriché la mémoire collective, il a semé, il a planté des arbres. Sa mission accomplie, il s’en est allé, dans le silence, sur le chemin déjà emprunté par Abdou Moumouni, Dan Dicko, dan Koulodo, Pierre Foulani, Seydou Amadou, Boubakar Ba, cette lignée des doctes et des érudits nigériens qui s’éteint.

Repose en paix.

Farmo M.

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