DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE S.E.M MOHAMED BAZOUM A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE PRESENTATION DES VŒUX POUR L’ANNEE 2023 AUX INSTITUTIONS DE LA REPUBLIQUE.

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•   Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

•   Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

•   Monsieur le Haut Représentant du Président de la

     République ;

•   Madame et Messieurs les Présidents et/ou Chefs des

     Institutions de la République ;

•   Mesdames et Messieurs les Ministres d’Etat, Ministres ;

•   Messieurs les Responsables des Forces de Défense et de

     Sécurité ;

•   Mesdames et Messieurs ;

C’est pour moi un immense plaisir de me retrouver cette fois encore devant vous pour sacrifier au rituel de cette belle tradition de cérémonie des vœux du nouvel an.

Je voudrais tout d’abord vous remercier bien vivement pour les mots si délicats que vous avez eus à mon égard ainsi que les vœux que vous avez formés pour ma famille et pour moi.

Je vous prie de recevoir, en retour, mes meilleurs vœux de bonne santé pour chacun d’entre vous, de joie et de bonheur dans vos familles respectives et de succès dans l’accomplissement de vos missions.

L’année 2022 qui vient de s’achever est pour moi et pour le gouvernement la première année pleine de la mise en œuvre des engagements que j’avais pris devant mes compatriotes pour m’assurer leurs suffrages grâce auxquels ils m’ont placé à la tête du pays. Dans le prolongement de ce qui avait été entrepris au cours de l’année 2021, nous nous sommes efforcés de maintenir le cap en vue d’assurer plus de sécurité à nos concitoyens, où qu’ils soient et en particulier dans les zones affectées par la violence terroriste.

Du fait du rapport de force militaire que nous avons imposé à l’ennemi, les groupes terroristes ont fini par se criminaliser et se convertir au banditisme qui consiste à prélever des taxes sur les paysans, à se livrer à des vols systématiques de bétail, des actes d’extorsion, des assassinats ciblés, des rapts assortis de demandes de paiement de rançons partout où ils évoluent. Cette situation crée de grandes souffrances au sein des populations des zones frontalières affectées par ce fléau dans les régions de Tillabéry, Diffa et Maradi.

Nos forces de défense et de sécurité, auxquelles je rends une fois de plus un hommage appuyé pour le travail remarquable accompli, sont en train d’adapter leur action aux nouvelles méthodes d’agissement de ces groupes criminels. L’année 2023 sera l’année du déploiement de nos équipements aériens commandés en 2021. Je fais le pari que leur contribution sera décisive dans l’évolution du rapport de force.

Par ailleurs, dans la région d’Agadez nous sommes en train de monter une opération vigoureuse et bien structurée pour lutter contre toutes les formes de banditisme qui empoisonnent la vie des populations sur les axes routiers et dans le sillage des sites d’orpaillage.

Mesdames, Messieurs,

Sur le plan économique les grands chantiers d’infrastructures évoluent de façon normale, l’Etat assurant ses obligations financières de façon constante et assidue. Ainsi est-il du barrage de kandadji dont la construction a connu une accélération singulière au cours de l’année 2022. Le cap sera maintenu avec la même détermination pour l’année 2023 tant dans la construction de l’ouvrage de génie civil que dans les autres aspects du projet.

Plus de 10 chantiers de routes bitumées se sont poursuivis au cours de l’année 2022. L’année 2023 verra le démarrage d’autres chantiers encore. Je suis très heureux de savoir que d’ici quelques mois démarrera le chantier de la reprise de la route tant attendue Agadez-Arlit.

Un certain nombre de centrales électriques photovoltaïques sont en chantier. L’année 2023 sera témoin du lancement d’autres projets encore plus ambitieux en la matière.

Le grand chantier du pipeline appelé à transporter notre pétrole brut au port de Cotonou au Bénin se poursuit normalement, la fin des travaux étant prévue pour le dernier semestre de l’année 2023.

Dans le domaine des infrastructures scolaires des discussions sont engagées avec la Banque mondiale en vue de l’obtention d’un grand financement pour la construction de classes en matériaux définitifs visant à réduire considérablement le recours aux matériaux précaires. L’année 2023 verra la construction de nombreux internats des filles dans les collèges ruraux conformément aux conclusions de la table ronde tenue à cet effet à New York en septembre 2022. Elle verra également le démarrage d’un grand programme de construction de nombreuses infrastructures universitaires à Niamey, Zinder, Maradi et Tahoua.

L’ensemble des programmes d’investissement cités ci haut plus les investissements prévus dans les autres secteurs, notamment de l’agriculture, de l’hydraulique et de la santé vont conforter les bases de l’économie du pays, revigorer sa croissance et améliorer les opportunités d’emplois pour les jeunes. Avec l’exportation du pétrole brut et les revenus qui en seront tirés à partir de l’année 2024 ainsi que leurs effets induits notre pays connaîtra un taux de croissance économique à 2 chiffres.

Mesdames, Messieurs,

Notre pays, comme nous pouvons le voir, ne manque pas d’atouts pour aborder l’avenir. Bien au contraire. Il n’a jamais été aussi attractif ni aussi bien connu. La preuve en a été administrée notamment à travers la réussite exceptionnelle de la table ronde relative au financement du programme économique et social (PDES 2022-2026) tenue à Paris en décembre 2022. Au cours de l’année 2022 plusieurs chefs de gouvernement et ministres des affaires étrangères de pays développés ont rendu visite à notre pays. Cela est totalement inédit. Nous devons cette belle image à notre option résolue dans le sens du renforcement de la démocratie dont l’alternance pacifique à la tête de l’Etat intervenue en 2021 ne fut pas la moindre des manifestations. Nous le devons aussi à la qualité  de la gouvernance que nous sommes en train de promouvoir qui aura assuré à notre pays la paix et la stabilité en dépit d’un environnement sous régional particulièrement défavorable.

Mesdames, Messieurs,

Nos atouts que je viens de relever, ne nous méprenons pas, sont très relatifs. Ils sont tributaires de la qualité de la gouvernance que nous sommes en mesure de mettre en œuvre. Or à cet égard les choses sont loin de ce que j’aurais souhaité. Le climat des affaires, malgré les progrès enregistrés, reste insatisfaisant. Les services de la douane et des impôts sont très souvent pointés du doigt par les investisseurs. La récurrence des plaintes à leur encontre est telle que je suis fondé à croire qu’elles ne sauraient relever que de l’arbitraire.  Monsieur le Premier ministre et M le ministre des finances, cela vous interpelle. Je vous engage par conséquent à faire bouger les choses.

J’ai toujours fait part de mon engagement à lutter contre la corruption et l’impunité. Je voudrais faire observer à ceux qui semblent douter de la sincérité de mon engagement en la matière que jamais les prisons du Niger, sous aucun régime depuis notre indépendance en 1960, n’ont compté autant de cadres de l’Etat privés de leur liberté pour fait de corruption ou de détournement de deniers publics; en effet de l’affaire dite Ibou Karadjé impliquant des cadres du ministère des finances en passant par celles de la Sopamin, de Taanadi, de la CNTPS, jusqu’à celle récente de la BAGRI, notamment, ce sont plusieurs personnes qui croupissent en prison.

La HALCIA vient de boucler de nombreux dossiers d’enquête qu’elle a transmis au procureur de la République. J’ai ordonné à ce dernier de leur faire suite avec diligence. Ceux qui sont sourds à mes appels demandant de proscrire certaines pratiques dans notre administration en seront pour leur frais. Je profite de cette occasion pour dire mon appréciation du travail entrepris par la HALCIA et l’encourager à continuer dans cette voie.

Je voudrais à cet égard réitérer mon appel aux magistrats pour qu’ils fassent leur travail convenablement car leur rôle est déterminant dans ce combat contre l’impunité. Ils doivent surtout se garder de protéger ceux des leurs lorsque le comportement de ceux-ci n’honore pas leur noble fonction de juge.

Mesdames, Messieurs,

Notre combat pour l’amélioration de la gouvernance, nous devons le mener ensemble sur tous les fronts à la fois. C’est la condition de notre crédibilité collective et de la paix sociale. Notre pays, s’il a des atouts certains ainsi que je l’ai souligné plus haut n’en souffre pas moins de grands handicaps. Trois d’entre eux méritent d’attirer notre attention. L’un relève de notre position géographique qui rend notre pays particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique. Cela commande impérativement que nous modernisions notre agriculture en investissant dans l’irrigation. L’année 2023 va à cet égard marquer un vrai tournant, cela est mon vœu, c’est aussi ma conviction.

Le deuxième problème, c’est celui de notre système éducatif malade s’il en est et pour lequel malheureusement la thérapie sera compliquée et prendra du temps. L’année 2023 nous donnera l’occasion de mettre en place le dispositif des réformes indispensables que nous devons mener avec vigueur et intelligence sur le temps long nécessaire aux entreprises ambitieuses.

Le dernier problème de notre pays sur lequel j’ai depuis toujours délibérément décidé de ne pas faire l’impasse malgré les risques politiques d’incompréhension est celui de la démographie. Il n’y a aucun pays au monde dont les rues des villes et des villages sont encombrées par autant d’enfants oisifs, hors du moindre contrôle de leurs parents que le Niger. Aussi longtemps que nous ferons des enfants sans avoir l’intention de vraiment bien les nourrir et de les éduquer nous serons exposés à l’extrême pauvreté et notre orgueil national sera toujours affecté par notre rang de dernier pays du monde en matière d’indice de développement humain, à chaque fois que le PNUD publiera ses statistiques.

Les pays les plus riches sont non pas ceux qui possèdent le plus de richesses naturelles mais ceux qui ont les meilleurs systèmes éducatifs. Or pour avoir un bon système éducatif il faut ne pas être condamné à multiplier par deux tous les 10 ans le nombre d’enseignants, des classes ainsi que la quantité des fournitures et des manuels scolaires dont on a besoin à cet effet. L’éducation coûte très cher et sa qualité n’est pas compatible avec des dépenses insupportables que commande une croissance exponentielle de la population.

Au cours de l’année 2023, l’office national de la population va démarrer ses activités avec l’espoir qu’il suscitera les réflexions qu’il faut pour contribuer à sensibiliser nos compatriotes sur cette question, je le sais, extrêmement difficile.

Mesdames, Messieurs,

Je vous réitère mes remerciements pour les vœux que vous m’avez adressés.

J’apprécie votre engagement à la tête de vos différentes institutions en vue de l’édification d’un Niger prospère vivant dans la paix et la concorde sur le socle de la démocratie et de l’Etat de droit.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2023.

Je vous remercie de votre attention.

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