Insécurité dans la région de Tillabéry : Un bénévole fuit Petelkolé

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« Face à cette insécurité grandissante, personne n’a l’esprit tranquille, l’inquiétude demeure car les groupes terroristes peuvent attaquer à tout moment. Les fonctionnaires de l’État, notamment les enseignants et les agents de santé font partie de leur cible. En tant que bénévole, j’ai préféré arrêter de travailler dans le Centre de Santé Intégré de Petelkolé. » a témoigné l’infirmier Alasssane Hamado Yacouba

Frontalière du Burkina Faso et du Mali, la région de Tillabéry est depuis quelques années confrontée à des attaques armées. Malheureusement, la population civile et même les agents de l’État payent le lourd tribut de cette insécurité. Ces attaques ont en effet pour conséquence la dégradation de la situation humanitaire avec la fermeture de plus de cent écoles et de milliers de personnes sont contraintes de quitter leurs localités habituelles. Récemment la coordination des actions humanitaires de l’ONU (OCHA) a indiqué la fermeture forcée de 672 écoles en raison de l’insécurité, affectant plus de 62.610 élèves.  La localité de Petelkolé dans le département de Téra, près de la frontière avec le Burkina Faso est constamment menacée. Le poste de police a fait l’objet de plusieurs attaques. Et c’est au niveau de cette localité que l’infirmier Alassane Hamado Yacouba a servi en tant que bénévole de 2019 à 2020 dans le Centre de Santé Intégré. La formation sanitaire de Petelkolé relève du District Sanitaire de Bankilaré, distant d’une soixantaine de kilomètre. Une zone reculée avec des pistes impraticables, réseau téléphonique aléatoire où l’accès aux secteurs sociaux de base, comme la santé relève d’un parcours de combattants. Alassane Hamado Yacouba, jeune bénévole dynamique et courageux a malheureusement abandonné son travail à Petelkolé.  « Face à cette insécurité grandissante, personne n’a l’esprit tranquille. À tout moment, l’inquiétude demeure car les groupes terroristes peuvent attaquer la localité. Les fonctionnaires de l’État, notamment les enseignants et les agents de santé font partie de leur cible. En tant que bénévole, j’ai préféré abandonner de travailler dans la zone. ».

Rappelons que le département de Téra est touché de plein fouet par l’insécurité dans la région de Tillabéry. Il subit des attaques des groupes terroristes notamment l’État islamique au Grand Sahara. Le 20 octobre 2021, des individus armés de fusils et de lances roquettes venus à bord de motos ont tendu une embuscade à une patrouille mixte qui escortait le préfet qui avait quitté Téra. Cette attaque a malheureusement fait 11 soldats tombés dont 9 éléments de la Garde Nationale, 2 de la gendarmerie nationale et deux civils blessés.

Dans une bonne partie du Sahel central, et la région de Tillabéry ne fait pas exception, la détérioration du climat sécuritaire fragilise l’accès des communautés aux soins. Une ambiance peu enviable et démotivante pour certains personnels soignants, qui n’ont d’autres choix que de déserter les lieux.

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