Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2022 : l’Afrique enregistre le plus fort taux de décès dans le monde.

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Les évaluations de l’Organisation Mondiale de la Santé ont dénombré 241 millions nouveaux cas de paludisme et 627 000 décès liés au paludisme dans 85 pays en 2020. Plus des deux tiers des décès ont été enregistrés chez des enfants de moins de 5 ans vivant dans la Région africaine. C’est pourquoi, l’OMS appelle à investir et à innover pour trouver de nouvelles approches de lutte anti vectorielle, de nouveaux produits de diagnostic, de nouveaux médicaments antipaludiques et d’autres outils en vue d’accélérer les progrès contre cette maladie. L’Edition de cette année est placée sous le thème « Innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies ».

Véritable catastrophe causée par un parasite transmis par les moustiques, le paludisme se manifeste sous diverses : des maux de tête, une forte fièvre, des nausées, des frissons, des vomissements, la fatigue, des troubles de conscience, des convulsions, des difficultés respiratoires, des douleurs abdominales ou pelviennes, des contractions utérines, etc. Pire, les spécialistes sont unanimes que les complications liées à cette maladie peuvent être une anémie, un avortement, un accouchement prématuré, un retard de croissance intra-utérin, une mort fœtale, un faible poids à la naissance ou même le décès de la maman.

Le paludisme : un danger pour les enfants et les femmes enceintes

Tout au long de la grossesse, le risque pour la femme enceinte de faire le paludisme existe bel et bien. La prévention est donc primordiale pour elle de dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide de longue durée et bien suivre le traitement préventif. En effet, l’OMS a déploré que l’immense majorité des cas et des décès surviennent en Afrique où 260. 000 enfants meurent chaque année. Pire, plus de la moitié des cas enregistrés dans le monde se produisent dans quatre pays africains à savoir le Nigéria (31,9% en 2020) ; République démocratique du Congo (13, 2% en 2020), Tanzanie (4,1%) et le Mozambique avec 3, 8%.  S’agissant des enfants surtout de 0 à 5 ans, l’OMS a indiqué qu’ils sont le groupe le plus vulnérable. En 2020, les moins de cinq ans ont représenté 80% des décès imputables au paludisme sur le continent africain.

Au Niger : Des efforts consentis mais beaucoup reste à faire pour éradiquer le paludisme.

Dans le message qu’il a livré à l’occasion de cette journée du 25 Avril 2022, le ministre de la santé publique a précisé que : « Chaque année, plus de quatre millions de cas de paludisme sont enregistrés dans les différentes formations sanitaires dont la plupart touchent les enfants de moins de cinq ans ». Au Niger, 4.249.208 cas positifs dont 4.170 décès ont été rapportés en 2021. Pour les cas des enfants de 0 à 5 ans, le ministre a ajouté que :« Chez les enfants de moins de 5 ans, 2.054.482 cas ont été enregistrés et pris en charge par nos formations sanitaires et les relais communautaires ». Pour lutter contre cette maladie, le pays a déploré d’énormes efforts de prévention à travers l’organisation des campagnes de distribution de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA). «Cette distribution de porte en porte a été une opportunité pour les agents de santé communautaires, d’échanger plus directement avec les familles et de s’assurer qu’elles comprennent pourquoi et comment utiliser correctement les moustiquaires».

Le Partenariat RBM se mobilise davantage pour la cause du paludisme

Depuis 2000, le partenariat mondial a réduit de moitié les taux de mortalité liés au paludisme et sauvé 10,6 millions de vies, mais la moitié du monde est toujours exposée au risque de contracter la maladie. Cependant, la résistance croissante aux insecticides a contribué à une stabilisation des progrès dans les pays à forte charge au cours des cinq dernières années. Plus récemment, les perturbations de la pandémie dans la prévention et le traitement du paludisme ont contribué à une augmentation de 12 % des décès dus au paludisme par rapport à 2019. Mieux, le rapport mondial sur le paludisme 2021 a montré également que les décès dus au paludisme en Afrique sont nettement plus élevés que les estimations précédentes, les enfants de moins de cinq ans représentant 80 % des décès dus au paludisme dans la région.  Pour donc relever ces défis, le Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme et la communauté mondiale de la santé appelleront à l’occasion de la journée du 25 Avril 2022, les pays à atteindre l’objectif de la septième reconstitution du Fonds mondiale d’au moins 18 milliards de dollars pour financer les programmes de lutte contre le paludisme, le VIH et la tuberculose de 2024-2026. SE le président Uhuru Kenyatta du Kenya et l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme (ALMA) co-organiseront un événement pour engager les donateurs et les dirigeants des pays endémiques sur cette question, correspondant à un événement des partenaires organisés aux États-Unis, qui accueillera le Global Conférence de reconstitution des fonds plus tard cette année.

Le président du conseil d’administration du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme, le professeur Maha Taysir Barakat a indiqué qu’il faut saisir l’opportunité de créer un monde plus équitable et sans paludisme.  « Les efforts mondiaux et les investissements stratégiques ont préparé le terrain pour que les pays réduisent considérablement les cas et les décès dus au paludisme afin d’atteindre l’objectif mondial d’éliminer le paludisme d’ici 2030. Mais pour atteindre zéro, la communauté mondiale devra lutter différemment contre le paludisme, en particulier dans les pays à forte charge de morbidité. du paludisme. La Journée mondiale contre le paludisme rappelle à la communauté mondiale de la santé qu’il est maintenant temps de se battre pour ce qui compte et de saisir l’opportunité de créer un monde plus équitable et sans paludisme ».

L’utilisation du vaccin antipaludique RTS, S : l’aboutissement de plusieurs années de recherche

En Octobre 2021, l’OMS a recommandé une large utilisation du vaccin antipaludique RTS, S/ AS0A chez les enfants exposés au risque de contracter la maladie notamment dans les zones à transmission modérée à forte paludisme. Ce nouveau vaccin est utilisé au Ghana, au Kenya et au Malawi, plus de 900 000 enfants ont bénéficié de ce vaccin en 2019. De ce fait, il constitue une avancée scientifique dans la lutte contre une maladie parasitaire même si cette maladie reste l’une des principales causes des maladies infantiles et de décès en Afrique Subsaharienne.

Souleymane Brah, Journaliste et Boursier 2019 du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme

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