Nation : Discours du Président de l’Assemblée Nationale Seyni Oumarou à l’occasion de l’ouverture des travaux de la 1ere session ordinaire du Parlement au titre de l’année

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Le mardi, 5 avril 2022 s’est ouvert à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, la première session ordinaire de l’institution au titre de l’année 2022. Cette session parlementaire qui durera trois mois aura comme points à son ordre du jour la révision de la constitution et du code de procédure pénale ainsi que l’examen du code minier entre autres. De même, deux propositions de loi ayant déjà recueilli l’avis du Gouvernement seront examinées. Ci-dessous le discours prononcé par le président de l’Assemblée Nationale Seyni Oumarou

credit photo Dr

Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement,

Monsieur le Haut Représentant du Président de la République,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales,

Honorables collègues Députés,

Monsieur le Gouverneur de la Région de Niamey,

Monsieur le Député-Maire, Président du Conseil de Ville de Niamey,

Honorables Chefs traditionnels et Chefs religieux,

Monsieur le Président de l’Association des  anciens parlementaires du Niger,

Mesdames et Messieurs, Chers invités,

Par la grâce d’ALLAH SOUBAHANAHOU WA TAALLA, nous voici réunis aujourd’hui pour l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de la présente année. Je souhaite que le Tout puissant, dans sa miséricorde, nous prodigue la sérénité et la paix des esprits afin que, par un travail assidu et fécond, nous en venions à bout et fassions ainsi, avancer le chantier législatif de notre pays !

Mais, en attendant, chers collègues, je voudrais remercier de tout cœur le Premier Ministre et son Gouvernement, les corps constitués, le corps diplomatique, les Représentants des organisations internationales, la chefferie traditionnelle, les guides religieux, le Président de l’Association des anciens parlementaires du Niger et tous nos invités habituels qui bousculent leurs différents agendas pour donner à cette rentrée parlementaire le cachet républicain qui lui sied.

Chers invités, votre présence à nos côtés, à un moment si solennel, est pour tous les députés une invite à mieux appréhender la noblesse des charges que le souverain primaire leur a confiée. C’est également un vibrant appel au dépassement de soi afin qu’en toute circonstance le député reste et demeure le représentant de la nation dans toutes ses composantes, reste et demeure au service exclusif de l’intérêt général !

Distingués invités, chers collègues, s’agissant de cette session qui ouvre l’année parlementaire, je voudrais vous rappeler que la vocation première de son ordre du jour se rapporte aux lois dites générales. Il s’agit de tous ces textes qui contribuent à renforcer l’architecture du droit positif national ; c’est notamment ceux concourant au renforcement du dispositif institutionnel tel que prévu par la Constitution.

A titre illustratif, une révision de la constitution et du code de procédure pénale ainsi que l’examen du code minier figurent déjà à cet ordre du jour. De même, seront examinées deux propositions de loi ayant déjà recueilli l’avis du Gouvernement. 

Bien évidemment avant l’examen de ces textes et de tous ceux qui viendraient à être déposés au cours de la session, l’Assemblée nationale se penchera sur les projets de ratification des ordonnances prises par le Gouvernement dans le cadre de la loi d’habilitation.

Mais, auparavant, dès l’entame de nos travaux, nous aurons à revisiter notre Règlement intérieur afin de le débarrasser de certaines scories qui ont pu en gêner l’application au cours de nos précédentes sessions. Il s’agira entre autres de reformuler les procédures en usage en matière de contrôle de l’action gouvernementale.

S’agissant de ce contrôle, Chers collègues, je sais pouvoir compter sur votre diligence pour que cette partie de nos prérogatives soit conduite avec beaucoup d’engagement et de responsabilité. Je vous invite donc à multiplier les questions et les interpellations afin de donner davantage d’attrait et de vigueur à notre session.   Mon souhait est que chacune de nos séances de samedi soit consacrée aux débats sur des sujets d’importance figurant à l’agenda gouvernemental. Comme elles sont retransmises en direct sur les ondes publiques, ce sera, le meilleur moyen pour notre institution de gagner en visibilité, le meilleur moyen de combler ce déficit de communication qui nous est très souvent reproché.

L’autre moyen efficace de communication est assurément le contact direct avec les couches populaires à travers les missions de terrain instituées par la précédente législature et organisées par les commissions générales permanentes. A cet égard, pour la présente année, je voudrais que chacune de ces commissions entame son programme de visite sous des thématiques en rapport avec les compétences qui sont les siennes et surtout avec l’objectif d’écouter les citoyens de base pour recueillir leurs avis sur les grandes problématiques de l’heure comme la souveraineté alimentaire, la menace terroriste ou le grand banditisme.

En la matière je souhaite que nous fassions mieux que la précédente année où des questions d’agenda n’ont pas permis à toutes les commissions de conduire à bien leurs différents programmes d’immersion au sein des couches populaires.

C’est dire alors, Chers collègues, que la session sera fort chargée. Mais, fort de votre engagement à tous, je sais que nous en viendrons à bout avec des résultats à la hauteur des attentes de nos compatriotes.

Dans cet ordre d’idées, je vous exhorte à assumer, avec encore plus de régularité, la prérogative que vous partagez avec le Gouvernement en matière d’initiative des lois. Consacrez-vous plus particulièrement aux aspects de la vie rurale qui ont besoin de réorganisation à l’aune de la modernité ; intéressez-vous à notre organisation sociale pour légiférer dans les secteurs où le droit de type occidental est d’application malaisée. Revisitez nos us et coutumes pour adapter au monde contemporain les règles fort utiles qui sont progressivement oubliées ou sciemment abandonnées parce que bien souvent incomprises.

En un mot, contribuez à adapter notre droit à l’état réel de notre société ; c’est la voie la meilleure pour assurer le soutien massif et permanent de la grande majorité de nos concitoyens à l’action parlementaire. C’est la manière la plus sûre de faire corps avec le pays réel. Multiplions donc les initiatives et documentons-nous pour saisir l’opportunité qu’il faut avec la proposition la plus pertinente.

Distingués invités, chers collègues, nous ouvrons cette session pendant que, du lointain, nous parviennent des échos d’un violent orage qui a récemment éclaté dans une partie du monde avec laquelle l’Afrique a toujours entretenu des relations fort suivies.

Pour autant, nous nous gardons de tout commentaire hasardeux faute de données suffisamment précises sur les évènements en cours.

Nous nous bornerons donc à rappeler aux uns et aux autres que le monde étant devenu un village planétaire, une explosion de violence de ce genre nous concerne tous.

Quant à nos pays éloignés du théâtre des opérations, nous nous devons d’ores et déjà d’anticiper sur les conséquences économiques que cette situation ne manquera pas de générer.

Distingués invités chers collègues, pour en revenir au contexte national, je voudrais, tout en rendant, encore une fois de plus, hommage au courage et au patriotisme de nos Forces de Défense et de Sécurité, me réjouir de l’accalmie qui s’installe progressivement sur les différents fronts de lutte contre le terrorisme. Il faut s’en réjouir tout en restant vigilant.

Dans cet ordre d’idées, la Représentation nationale sait gré au Président de la République SEM BAZOUM MOHAMED pour les efforts qu’il déploie tous azimuts pour améliorer les moyens de lutte contre les terroristes et surtout pour fédérer toutes les énergies afin qu’il n’y ait aucune voix discordante s’agissant de sécurité nationale.

A cet égard, la Représentation nationale ne peut donc que soutenir les initiatives du Président de la République tendant à équiper nos Forces de Défense et de Sécurité d’armements et de moyens de nouvelles générations.

De même, la Représentation nationale l’encourage vivement à user des meilleures stratégies possibles pour récupérer, à travers leurs communautés de base, les jeunes que les terroristes ont pu détourner par diverses tromperies.

Il faut souhaiter surtout, en la matière, prévenir les nouvelles métamorphoses du terrorisme dont la plus dangereuse est celle qui sévit à notre frontière du sud où des individus se sont constitués en armées d’enlèvement de paisibles citoyens contre rançon.

Cet avatar du terrorisme doit être combattu sans faiblesse car, outre l’oppression des populations, il comporte le danger de saper la confiance des citoyens vis-à-vis de la puissance publique. Pour vaincre ce type d’ennemi planqué au sein des populations, il est indispensable que ces mêmes populations soient mises à contribution. 

C’est pourquoi, au nom de la Représentation nationale, j’en appelle aux populations des zones concernées afin qu’elles collaborent davantage avec les forces de l’ordre pour démasquer les bandits armés et leurs complices. C’est la seule voie nous permettant de venir à bout de ce phénomène socialement plus pernicieux que le vrai terrorisme. Cette question pourra faire l’objet d’une des missions thématiques de terrain des commissions générales permanentes pendant l’intersession.

Chers collègues, l’autre élément du contexte national est assurément le démarrage précoce de la période de soudure en raison du déficit accusé par la précédente campagne agricole. Dans les villes, l’on assiste de plus en plus à l’arrivée de saisonniers plus nombreux que d’habitude. Dans cette occurrence, il me semble qu’il y a lieu d’accélérer les mesures de riposte prévues par le Gouvernement. C’est notamment la multiplication des ventes à prix modérés de céréales afin de ralentir l’actuelle inflation des prix sur les produits de première nécessité.

Pour autant, il faut prévenir la mendicité, phénomène qui dégrade l’image de notre pays. A cet égard, je félicite le Gouvernement pour avoir pris des dispositions diligentes pour rapatrier les Nigériens qui s’adonnent à cette dégradante activité dans un pays ami. A ce sujet, une réflexion plus approfondie doit être menée pour couper le mal à sa racine.

Pour ce qui est des cultures de contre-saison, il faudrait les multiplier partout où cela est possible en facilitant aux maraîchers l’accès aux intrants à des prix conséquemment étudiés. En la matière, l’urgence est également de créer pour les filières concernées un système d’accès aux marchés dans des conditions rémunératrices pour les producteurs.

Distingués invités s’agissant du contexte relatif à l’Éducation nationale, l’on peut se réjouir de l’apaisement observé sur le front social grâce aux efforts du Gouvernement et aux concessions faites de part et d’autre. C’est l’occasion pour moi de rappeler, encore une fois que la question scolaire transcende tous les clivages pour concerner l’ensemble du pays et ses habitants.

Pour la Représentation nationale, il est plus que nécessaire qu’une trêve sociale de longue durée soit observée par tous les acteurs de l’Ecole, le temps de trouver des solutions pérennes à tous les problèmes qui entravent son développement, le temps de concevoir et de mettre en œuvre une véritable réforme du système éducatif avec notamment l’usage, à grande échelle, de nos langues nationales, à tous les niveaux d’enseignement. Pour rappel, cette question est restée à l’ordre du jour depuis la première République. On en a largement débattu mais, jusqu’ici, de véritables projets structurés peinent à être mis en œuvre.

 Il est temps de s’y remettre avec le ferme engagement d’aller jusqu’au bout. En Afrique, de nombreux pays comparables au nôtre sont parvenus à des résultats fort appréciables notamment au niveau de l’enseignement primaire. Cependant, la Représentation sait pertinemment qu’en la matière la précipitation n’est pas de mise. Il faut y aller en connaissance de cause, sans rien brusquer au risque de sacrifier des générations entières.

Chers collègues s’agissant du contexte sanitaire national, il faut se féliciter du recul progressif de la pandémie de triste mémoire qui aura tant effrayé le monde. Il reste à souhaiter que nous nous en débarrassions définitivement pour mieux consacrer nos efforts et moyens aux endémies habituelles comme le paludisme et les autres maladies infantiles qui continuent à endeuiller nos populations.

S’agissant de la méningite, maladie saisonnière redoutable, au nom de la Représentation nationale, je demande au Gouvernement de prendre les dispositions qui s’imposent pour contenir l’alerte survenue dans une partie de notre pays. Je sais qu’il prendra les mesures habituelles d’anticipation afin de circonscrire cette dangereuse menace.

Distingués collègues, sur tout un autre plan, j’exhorte le Gouvernement à continuer ses concertations avec les opérateurs économiques afin de trouver les voies les meilleures pour une application plus efficace et plus aisée des mesures fiscales.

En la matière, il faut créer les conditions permettant d’éviter le recours au décrochage, mesure extrêmement préjudiciable à l’économie nationale surtout par cette période d’abstinence. Après tout, puisque de part et d’autre chacun sait qu’il n’y a pas d’alternative au paiement des impôts et taxes, le consensus est incontournable.

A cet égard, la Représentation nationale encourage le Gouvernement à poursuivre ses efforts dans la lutte contre la fraude fiscale, les passe-droits et toutesles tentatives de rupture d’égalité face à la fiscalité.

Chers collègues, sur tout un autre plan, je voudrais vous rappeler nos attentes en matière de diplomatie parlementaire. Au niveau multilatéral, le mot d’ordre est de porter haut la voix de notre pays. C’est dans ce cadre que je m’efforce de maintenir en activité le CIP/G5 Sahel en attendant le retour à l’ordre constitutionnel de nos trois voisins, membres actifs de cette organisation.

C’est également à cette fin que notre Bureau s’engage à présenter la candidature de notre pays à l’accueil des sommets et conférences des principales organisations interparlementaires dont notre Assemblée nationale est membre. D’ores et déjà, je puis vous annoncer que nous avons été retenus pour accueillir la prochaine Conférence des présidents de la Région Afrique de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, en 2023, en attendant très certainement d’accueillir l’une des sessions de l’Union des Parlements Africains.

Au niveau bilatéral, il faudrait qu’à travers les groupes d’amitié nous puissions accompagner efficacement la diplomatie classique par les saines relations que nous entretenons avec nos collègues parlementaires des pays amis. En effet, dans le contexte actuel où les repères sont de plus en plus incertains, aucun effort ne sera de trop pour conserver les meilleures relations possibles avec tous nos amis.

Pour en revenir à notre session, chers collègues, mon souhait le plus ardent est que nous puissions garder l’esprit de consensus qui a toujours prévalu entre nous à l’occasion de nos précédentes assises ; esprit de consensus qui nous permet de distinguer l’essentiellement patriotique de l’aspect politicien d’une question afin de n’agir que dans la recherche des solutions, les meilleures, aux préoccupations quotidiennes de nos compatriotes.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs, avec ce souhait et le vœu que cette période de dévotion spirituelle qui vient de démarrer nous donne l’occasion d’une pieuse introspection, je déclare ouverte la 1ère session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2022.

Vive la République,

Vive le Niger, Je vous remercie.

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