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Société

Inauguration de la ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ : Alhaji Aliko relève le défi énergétique de l’Afrique

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Quelques jours avant la fin de quitter le pouvoir, le Président Muhamadou Bahari a inauguré la nouvelle raffinerie du Nigéria, un des plus grands investissements réalisés par l’homme d’affaire Aliko Dangoté. D’un coût global de 19 milliards de dollars, ce joyau, la 6ème au monde, mais aussi la plus grande raffinerie de pétrole à « train unique » permettra l’exportation du pétrole vers l’extérieur. L’ancien Ministre et Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO), Mahaman Laouan Gaya a analysé l’apport et les contours de ce projet.

I A la découverte de la ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ :

 La ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ – ‘’DPRP‘’ (inaugurée le lundi 22 Mai 2023) est située sur un terrain de 2635 hectares dans la zone franche de Ibeju-Lekki, dans l’État de Lagos au Nigéria (80 km à l’est de la ville de Lagos, le site fait sept (7) fois la taille de Victoria Island : le quartier d’affaires de Lagos). En 2005, Alhaji Aliko Dangote pensait construire une raffinerie de 300.000 barils/jour (b/j), mais à cette époque, il n’avait pas la capacité financière nécessaire pour réaliser ce projet. Puis, en 2010, avec l’amélioration de sa trésorerie, il affirmait avoir remboursé toutes les dettes du Groupe qui s’élevaient à 2 milliards dollars US, et mieux commencé à accumuler des liquidités. Alors, disait-il, ‘’nous avons revu nos plans et relevé sa capacité de production d’abord à 400.000, et finalement opter pour le schéma actuel de 650.000 b/j‘’. Elle devait initialement être construite dans l’État d’Ondo, mais en raison de manque de volonté politique de la part du gouvernement d’alors de cet État, Aliko Dangote a déplacé le projet sur le site actuel. Je rappelle que les travaux de construction de cette raffinerie ne sont pas encore terminés ; le Président Muhammadu Buhari devant quitter le pouvoir ce 29 Mai 2023, a souhaité lui-même inaugurer en grande pompe ce méga-projet, ‘’afin que cela soit mis à son crédit‘’, tel que rapporté par Taiwo Oyedele, analyste chez PwC à Lagos. Selon le rapport de la ‘’Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulation Authority (NMDPRA) – Autorité Nigériane de Régulation des secteurs Amont et Intermédiaire Pétroliers‘’, la raffinerie de Dangote doit au préalable passer le test obligatoire d’acceptation technique (TAT) avant de démarrer ses activités. Étant donné que cette procédure prend techniquement, beaucoup de temps, l’exploitation de cette raffinerie ne pourrait pleinement commencer qu’en 2024 ; mais Aliko Dangote assurait dans son discours inaugural que les produits de la nouvelle raffinerie seraient sur le marché ‘’d’ici à fin juillet-début août 2023‘’. Pendant que les techniciens de pétrole de Dangote Group avancent que la raffinerie sera opérationnelle en 2024 (ils estiment qu’il faut au moins un an pour que l’usine soit suffisamment rodée), des équipes du Fonds Monétaire International (de quoi se mêlent-ils ?) envisagent plutôt ‘’une trajectoire de production progressive : de 100.000 b/j en 2024, 200.000 b/j en 2025, passant à 300.000 b/j en 2026-2027‘’…loin des 650.000 b/j évoqués à l’envie tout au long de la cérémonie d’inauguration.

II – Capacité de la raffinerie :

 Une fois entièrement opérationnelle, ce qui en fera la plus grande en Afrique, la 6ème au monde, mais aussi la plus grande raffinerie de pétrole à « train unique » au monde (cela veut dire que l’usine dispose d’un système unique intégré de distillation (atmosphérique et sous-vide) de pétrole brut) qui peut produire une variété de produits pétroliers secondaires et des produits de synthèse pétrochimique, au lieu d’avoir différentes unités pour chaque type de produit). Aussi, c’est l’une des rares entreprises au monde à disposer directement d’une usine de raffinage de pétrole brut couplée à un complexe pétrochimique dans le cadre d’un contrat EPC (Engineering, Procurement & Construction – Ingénierie, Approvisionnement & Construction). En 2019, lors de sa construction, la plus grande colonne de distillation de pétrole brut au monde, pesant 2350 tonnes, y a été installée par une société néerlandaise spécialisée. Avec une hauteur de 112 mètres, elle est légèrement plus haute que la fusée Saturn V qui a amené le premier homme sur la lune (110,6 m) et 16 mètres de plus que Big Ben. Il a aussi été installé la même année, le régénérateur de raffinerie le plus lourd, qui est aussi la pièce unique la plus lourde de structure en acier (3000 tonnes) au monde. Ce régénérateur faisant partie de l’unité de craquage catalytique, est destiné au craquage des fractions lourdes du pétrole et leur transformation en composants moléculaires plus légers comme l’essence, le kérosène, le jet, etc. Une colonne de stabilisation de produits raffinés de type Penex mesurant 50 mètres de haut, un diamètre de 8 mètres et pesant 520 tonnes y a été également installée. À l’échelle mondiale, à l’exception de trois (3) sociétés, aucun propriétaire individuel n’a réalisé un contrat EPC complet pour une raffinerie de pétrole. La raffinerie Dangote aura un ‘’indice de complexité Nelson‘’ de 10,5. Notons que ‘’l’indice de complexité Nelson‘’ qui varie de 1 à 20, est un cadre de référence utilisé pour attribuer des valeurs aux raffineries de pétrole en fonction de leur niveau de complexité. Plus l’indice est élevé, plus la raffinerie est polyvalente et flexible et dispose davantage d’équipements sophistiqués. La ‘’DPRP‘’ sera alors plus complexe que beaucoup de raffineries aux États-Unis (moyenne de 9,5) ou en Europe (moyenne de 6,5) ; la plus grande raffinerie du monde, celle de Jamnagar en Inde, totalise 14 points. Notons que la raffinerie Dangote est 32,5 fois plus grande que la SORAZ de Zinder (qui je rappelle a une capacité de 20.000 b/j) et plus de trois (3) fois la production pétrolière du Ghana. En 2013, à la phase de démarrage du projet, le coût de la raffinerie a été estimé à 9 milliards dollars US (réévalués plusieurs fois) et les travaux n’ont véritablement commencé qu’en 2016. Aujourd’hui, on estime à près de 20 milliards dollars US le coût total des investissements et que 50% de ces investissements l’ont été sur fonds propres du Groupe Dangote et les autres 50% sur emprunts bancaires ; 70% des emprunts bancaires sont à ce jour remboursés. L’usine produira quotidiennement (n’en déplaise aux Institutions de Bretton-Woods), 53 millions de litres d’essence, 34 millions de litres de diesel, 2 millions de litres de Jet A1-aviation, du bitume et des produits de la synthèse pétrochimique (tous conformes aux spécifications Euro V). Elle a, en annexe une usine pétrochimique de production de polypropylène (900.000 tonnes) et une usine de fabrication d’engrais. Cette unité de fabrication d’engrais disposera de deux (2) lignes de production, chacune produisant chaque jour 2200 tonnes d’ammoniac et 4000 tonnes d’urée granulée. La ‘’DPRP‘’ est calibrée pour transformer 100% de la qualité de pétrole brut nigérian et est aussi conçue pour traiter une grande variété de pétroles bruts, d’Afrique, du Moyen-Orient et le pétrole léger (West Texas Intermediate – WTI) des États-Unis. Pour son fonctionnement, elle va disposer d’une centrale électrique de 435 MW ; à elle seule, cette centrale pourra répondre aux besoins énergétiques totaux d’Ibadan DisCo de 860.316 MWh couvrant cinq (5) États, dont Oyo, Ogun, Osun, Kwara et Ekiti. Rappelons (pour avoir une idée) que la puissance électrique totale installée de l’ensemble de la République du Niger est en 2021 de 412,55 MW et celle de la Côte d’Ivoire de 2200 MW. Les raffineries de pétrole nécessitant beaucoup d’eau (pour alimenter les systèmes de refroidissement, le dispositif de lutte contre les incendies…), il a été prévu 177 réservoirs d’une capacité de 4,742 milliards de litres. Elle sera approvisionnée en pétrole brut par la plus grande infrastructure d’oléoducs sous-marins du monde (1100 km de long).

III – Une logistique des plus complexes

En matière de logistique, beaucoup ne sauront peut-être jamais ce que Aliko Dangote a dû endurer pour faire aboutir ce projet. En effet, sa mise en œuvre a été confrontée à des défis sérieux et gigantesques. Sa construction a exigé du matériel qui pesait environ 3000 tonnes, alors que la capacité des ports du Nigéria (y compris Lagos-Apapa) est comprise entre 200 et 250 tonnes. Pour ce faire, il a fallu procéder à l’aménagement d’un nouveau port pour amener directement les cargaisons surdimensionnées à proximité du site, mais aussi faciliter l’approvisionnement en pétrole brut et l’exportation des produits issus de la raffinerie. Il a aussi été construit deux (2) quais avec une capacité d’accueil de navires de type Panamax (80.000 tonnes) pour l’exportation d’engrais et de produits pétrochimiques et deux (2) autres quais pour la manutention de cargaisons liquides. Le port disposera au total de six (6) quais, dont un (1) quai Roll-on/Roll-off (Roll on/Roll off, en abrégé Ro/Ro, est une expression anglaise utilisée en logistique et qu’on peut traduire par « roule pour entrer/roule pour sortir ». Elle désigne le trafic roulier, c’est à dire le transport de poids lourds ou de remorques par des bateaux spéciaux appelés « rouliers »). Pour le transport terrestre du matériel et équipements du port jusqu’au site de la raffinerie, il a fallu des travaux de construction de routes spéciales. Notons que la plus grande grue au Nigéria a une puissance de 650 tonnes, alors qu’il fallait une grue de 5000 tonnes pour les besoins de soulèvement de certains équipements. Pire encore, il n’y avait alors que deux (2) grues de ce type d’une capacité de 5000 tonnes dans le monde, et qui étaient toutes en service ; alors, au lieu de louer une pour 300.000 dollars US (165 millions FCFA) par jour, Aliko Dangote a préféré carrément en acheter. A cela s’ajoutent l’achat de 332 grues pour renforcer la puissance d’installation des équipements. À l’intérieur de l’usine même, il a été construit environ 126 km de routes bitumées et 54.000 colonnes anti-tempête pour la protection. Pour ce qui est des ressources humaines, Alhaji Aliko Dangote a mis en formation neuf cent (900) jeunes ingénieurs en technologie de raffinage de pétrole à l’extérieur du pays, six (6) ingénieurs en mécanique formés à l’Université GE en Italie, cinquante (50) ingénieurs en process formés par Honeywell/UOP et cinquante (50) cadres en management. Lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, elle fournira 135.000 emplois permanents. Sur place, il y a plus de 200 bâtiments construits pouvant accueillir environ 50.000 employés et leurs familles afin de les mettre dans les conditions nécessaires de travail ; chose rare dans les industries minières et énergétiques.


IV – Les défis énergétiques du Nigéria et de ses voisins liés à la mise en service de la ‘’DPRP‘ :’

Lorsque la raffinerie sera pleinement opérationnelle, il est prévu que le Nigeria n’importera plus aucun produit pétrolier et aussi de permettre au gouvernement nigérian de lever une bonne fois pour toutes les très couteuses (et inutiles) subventions aux importations de l’essence. Au fil des années, ces subventions ont fait naître et entretenu, un important lobby des tradeurs-spéculateurs d’essence qui a délibérément œuvré à la faillite des quatre (4) raffineries publiques gérées par la NNPC (1 à Kaduna, 2 à Port Harcourt, et 1 à Wari). Lors de la cérémonie d’inauguration de la DPRP, le Directeur Général de la ‘’Nigeria National Petroleum Corporation‘’ (NNPC), Mr Mele Kyari disait d’ailleurs qu’il est très, très difficile pour l’Etat de continuer à payer 400 milliards de nairas (quelques 800 millions d’euros) de subvention chaque mois (soit 6340 milliards FCFA par an ou encore 17,5 milliards FCFA de subvention par jour !). Tous les grands candidats aux dernières élections présidentielles avaient, durant la campagne, promis qu’une fois élu, ils suspendraient les subventions aux importations de l’essence. Comme il fallait s’y attendre, dans son discours d’investiture le lundi 29 Mai 2023, le nouveau Président Ahmed Tinubu annonçait la suppression totale de cette subvention (un couteau à double tranchant), qui il faut le rappeler est un système qui nourrit la corruption et assèche les caisses publiques. Dès le 30 Mai 2023, la décision fut officiellement confirmée et elle prendra effet le 1er Juillet 2023. Le carburant devrait alors passer du prix officiel à la pompe de 185 nairas (245 FCFA) à 550 nairas (727 FCFA), plus cher qu’au Niger où il est à 540 FCFA (408 nairas). Mais dès l’annonce de cette mesure, les prix ont tout de suite flambé au point d’atteindre le plafond de 700 nairas (925 FCFA) le litre à Abuja. Si cette tendance perdure, il est fort à craindre que l’essence en vente dans les pays limitrophes va frauduleusement se retrouver sur les marchés noirs au Nigeria, et l’occasion est toute trouvée par certains gouvernements pour justifier une augmentation artificielle (totalement irréaliste) du prix du litre d’essence dans leur pays (et peut-être même le KWh d’électricité, si l’on pousse encore l’inhumanité ?!). Cela pourrait bien intervenir avec les prochaines lois des finances. Les voisins producteurs de pétrole (Niger, Tchad, Cameroun), avec les insignifiantes productions de leurs raffineries risqueraient de se trouver en situation de ‘’panne sèche‘’. Pour combien de temps ? ? Toutefois, il ne fait aucun doute que la subvention du carburant a un impact très négatif sur les finances de l’Etat fédéral nigérian et qu’il aurait été fiscalement irresponsable de la conserver indéfiniment. Cette levée de subvention crée déjà un immense mécontentement chez les consommateurs, même si par ailleurs, elle permettra d’arrêter définitivement la corruption et la spéculation sur les produits pétroliers et les finances fédérales de gagner annuellement 10,33 milliards de dollars US (l’équivalent de 6340 milliards FCFA par an). A pleine capacité de ses 650.000 b/j, la ‘’DPRP‘’ couvrirait largement la demande totale du Nigeria en produits raffinés (450.000 b/j), et comme il est aussi question de réhabilitation des quatre (4) raffineries nationales en souffrance (capacités cumulées de 445.000 b/j), en sus des autres raffineries modulaires privées (de très petites capacités) du pays (la Walter Smith refinery, la OPAC refinery, la Niger Delta Petroleum refinery et la Edo Petroleum refinery), la production totale du pays en produits raffinés plus que doublera la consommation nationale. Avec une telle situation de ‘’surproduction‘’, les analystes pensent, il est même déjà question dans certains milieux, d’un possible réajustement à la baisse des prix à la pompe ; dans tous les cas, le gouvernement y a tout intérêt à le faire pour ramener les nigérians à la pompe et ainsi résorber les productions de toutes les raffineries du pays. Aliko Dangote songe pour sa part à faire des produits de sa raffinerie, ce qu’il fait aujourd’hui avec les produits de ses cimenteries : ‘’inonder‘’ les pays voisins ; et cela ne serait possible qu’avec des prix des produits raffinés très compétitifs. En effet, le lundi 22 Mai 2023 à la tribune de la cérémonie d’inauguration de la raffinerie, Aliko Dangote a promis de ‘’reproduire ce que [le groupe Dangote] a déjà réalisé sur le marché du ciment et des engrais, en faisant passer le Nigeria d’importateur à exportateur net‘’. Pour l’homme le plus riche d’Afrique, c’est une question de détermination et d’obstination, imprégnée d’un courage qui porte aujourd’hui ses fruits. Dans l’hypothèse d’une baisse des prix à la pompe ; en interne ça réduirait significativement la fraude et surtout compromettrait les milliers de raffineries artisanales clandestines qui écument les régions productrices de pétrole du delta du Niger et dans la sous-région (la mise en œuvre de la ZLECAf aidant), les raffineries des pays voisins (la SORAZ au Niger, la SNR de Djermaya au Tchad, la SONARA au Cameroun, la SIR en Côte d’Ivoire) pourraient être confrontées à de sérieux problèmes de mévente (pour le moment, l’on n’est pas encore là !). La société nationale NNPC sera actionnaire à hauteur de 20% de la ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ et lui fournira 300.000 barils de pétrole brut par jour. Cette question a aussi été soulevée par des experts de l’industrie pétrolière du Nigéria et la ‘’Crude Oil Refineries Owner’s Association of Nigeria (CORAN) – Association des Propriétaires de Raffineries de Pétrole du Nigéria‘’ qui, tout en saluant cette décision de la NNPC, ont fait part de leurs inquiétudes à l’effet que la société nationale semble avoir fait une certaine discrimination au détriment des autres raffineries du pays. En effet, ces dernières, rencontrent d’énormes difficultés d’approvisionnement en pétrole brut de la part de la NNPC, ce qui met durement à l’épreuve leur résilience et entrave leur capacité à se développer. L’Etat fédéral doit corriger cette erreur, en prenant des dispositions idoines pour éradiquer les vols de pétrole brut, qui ont été estimés pour l’année 2022 à peu près à 450.000 b/j ; ce qui correspond aux productions du Congo et du Gabon réunies. La mise en exploitation de la raffinerie Dangote, va rééquilibrer le bilan énergétique du Nigeria, accroîtra considérablement la plus-value (recettes fiscales, revenus directs, etc…) de l’Etat, avec très certainement la récupération des énormes pertes que subit l’Etat fédéral de près à 450.000 barils de pétrole brut.

V – Alhaji Aliko Dangote relève le défi de l’indépendance et de la pauvreté énergétique en Afrique

Aujourd’hui, force est de constater qu’en Afrique, il y a des enjeux globaux qui demandent une réponse globale, une synergie d’action, une mutualisation des efforts pour plus d’efficacité dans la gouvernance de nos ressources naturelles énergétiques (indispensables pour une indépendance énergétique de nos pays et pour la lutte contre la précarité et la pauvreté énergétiques dans laquelle végètent nos populations) et pour ce faire il faut absolument la participation de tous (gouvernements, partenaires internationaux, secteur privé africain,.. En effet, il est déplorable de constater que les pays d’Afrique restent encore très tributaires des exportations de leurs ressources énergétiques, tant en termes de devises que de recettes. L’Afrique détient au moins 13% des réserves pétrolières mondiales, principalement concentrées en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. La consommation africaine en produits pétroliers est relativement faible ; elle s’établie à 4 millions b/j, soit 4,1% de la consommation mondiale. Avec la mise en exploitation de la raffinerie Dangote, ce taux va considérablement s’améliorer (en y ajoutant les 650.000 b/j de la ‘’DPRP‘’ et en tenant aussi compte du gain issu de la récupération probable des 450.000 barils perdus quotidiennement par la NNPC du fait de divers vols de son pétrole brut). Aussi, la mise en exploitation de la raffinerie Dangote va bien entendu permettre de diminuer (et épargner) les dépenses faites pour l’importation des produits pétroliers par certains Etats africains (bénéficiaires directs des retombées de la raffinerie Dangote). Je rappelle que le gouvernement fédéral du Nigéria va ainsi économiser annuellement 9,6 milliards d’euros (plus de 17 milliards FCFA par jour) de plus-value du fait de l’installation sur le sol national d’une raffinerie de pétrole de telle capacité. Pour sa part, la Banque Centrale du Nigéria (BCN) estime à près de 10 milliards de dollars US (5500 milliards FCFA), la contribution annuelle directe de la ‘’DPRP‘’ à l’économie nationale. Au niveau du continent, le pétrole constitue la seconde ressource d’énergie la plus consommée après la biomasse, avec une part de 28% dans le bilan énergétique, et l’essentiel des produits pétroliers consommés en Afrique nous viennent des raffineries d’Europe (pays non producteurs de pétrole) et du Moyen-Orient. Paradoxalement, les infrastructures de raffinage du continent (quelques 50 raffineries de pétrole, sont obsolètes pour l’essentiel et certaines en arrêt) ont des capacités très limitées et fonctionnent avec des coûts élevés vu qu’elles sont relativement anciennes (35 ans d’âge en moyenne). Malgré ses énormes gisements énergétiques (énergies fossiles et énergies renouvelables), et avec une population qui avoisine le milliard d’habitants, la consommation d’énergie primaire per capita de l’Afrique reste la plus faible du monde avec 0,63 tep (tonne équivalent pétrole) contre 1,76 tep au niveau mondial (4,31 tep pour l’Europe de l’Ouest, 8,46 tep pour l’Amérique du Nord). Si l’on exclut l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud, ce taux de consommation d’énergie primaire tombe entre 0,2 et 0,4 tep pour le reste de l’Afrique, c’est-à-dire l’Afrique Subsaharienne. La consommation annuelle de pétrole du citoyen africain moyen équivaut à un tiers (1/3) de la consommation individuelle moyenne mondiale et à un vingtième (1/20ème) de la consommation d’un américain moyen. Pire, le bilan énergétique de certains pays africains fait ressortir un taux de consommation de la biomasse (déchets agricoles et forestiers et le bois) de plus de 60% ; le reste étant constitué d’énergies dites modernes (produits pétroliers et électricité). L’Afrique, va-t-elle continuer à être pourvoyeuse des ressources énergétiques à d’autres pays du monde et ses citoyens continuer à vivre dans la plus désastreuse des précarité et pauvreté énergétiques ? Que font les Etats et les institutions régionales et sous-régionales sur la gouvernance du secteur énergétique? C’est justement le lieu de mentionner et saluer ici, la contribution éminemment importante d’un digne fils de l’Afrique, Alhaji Aliko Dangote qui a décidé de relever le défi dans la recherche de l’indépendance énergétique du continent et au-delà la lutte contre la pauvreté et la précarité énergétiques des populations africaines (avec une énergie moderne, propre, à un prix abordable qui contribuera à l’amélioration du revenu et du bien-être des populations). La raffinerie Dangote mettra à la disposition des consommateurs de toutes catégories sociales, des produits pétroliers énergétiques pour le transport, l’habitat, les services, des engrais pour l’agriculture, etc… En effet, l’accès à une offre d’énergie de qualité, à meilleur coût et en meilleure quantité, permet d’améliorer substantiellement les conditions de vie des populations car elle favorise l’amélioration de la productivité agricole, l’amélioration des services d’éducation, de santé, d’accès à l’eau, des activités commerciales génératrices de revenus, de communication, etc…. De nos jours, rien ne fonctionne sans énergie moderne et financièrement abordable …..et c’est ce défi que se démêle à relever Alhaji Aliko Dangote au grand bénéfice des africains. Aujourd’hui, Alhaji Aliko Dangote, qui fait l’honneur de l’Afrique, est célébré dans le monde entier comme l’homme (et non une société ou un Etat) qui a construit la plus grande raffinerie de pétrole (à « train unique ») du monde et qui est basée en Afrique …précisément en République Fédérale du Nigeria.

Par Ing. Mahaman Laouan Gaya, Ingénieur Pétrochimiste, Ancien Ministre de la République du Niger, Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO)

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Communiqué de presse du CILSS : Niamey accueille un colloque international pour repenser les liens entre climat, écosystèmes et sécurité alimentaire !

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Du 16 au 18 juin 2026, Niamey, la capitale nigérienne sera le point de convergence d’experts, de chercheurs, de décideurs politiques et de partenaires au développement venus d’Afrique de l’Ouest et du Sahel pour participer au colloque international sur le Nexus- Climat- Ecosystème- Sécurité alimentaire. Organisé par le CILSS et ses partenaires, ce colloque international entend promouvoir une approche intégrée face aux défis croissants du changement climatique, de la dégradation des écosystèmes et de l’insécurité alimentaire.

Une rencontre régionale face à des défis communs

L’événement est organisé par le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), en collaboration avec les gouvernements des pays membres, des institutions régionales et plusieurs partenaires techniques et financiers. En effet, placée sous le thème : « Renforcer le Nexus Climat-Écosystèmes pour une souveraineté alimentaire et une résilience durable en Afrique de l’Ouest et au Sahel », cette rencontre de Niamey ambitionne de créer un cadre d’échanges et de réflexion sur les solutions à apporter aux défis environnementaux et alimentaires qui affectent la région.

Climat, biodiversité et alimentation : des enjeux étroitement liés

Depuis des décennies, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest sont confrontés à une multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. Sécheresses récurrentes, inondations, dégradation accélérée des terres, perte de biodiversité et pression croissante sur les ressources naturelles fragilisent les moyens de subsistance de millions de personnes. Face à cette situation, les organisateurs de ce colloque estiment qu’il devient indispensable d’adopter des approches intégrées capables de prendre en compte simultanément la protection des écosystèmes, l’adaptation au changement climatique et la sécurité alimentaire.

C’est pourquoi, le colloque de Niamey réunira ainsi des responsables gouvernementaux, des chercheurs, des universitaires, des organisations paysannes, des représentants de la société civile ainsi que des experts du climat, de l’environnement et du développement.

Trois jours de réflexion et de partage d’expériences

Durant trois jours, les participants échangeront autour de plusieurs thématiques majeures, notamment les interactions entre le climat et la sécurité alimentaire, la restauration des écosystèmes, la conservation de la biodiversité, les politiques publiques, la gouvernance régionale ainsi que la valorisation des savoirs locaux et scientifiques. Les débats devraient également permettre d’identifier des stratégies communes pour renforcer la résilience des populations rurales, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.

Au-delà des discussions, les organisateurs espèrent que les travaux déboucheront sur des recommandations opérationnelles à destination des décideurs politiques et des acteurs du développement. Une feuille de route régionale pourrait notamment être élaborée afin d’accélérer la mise en œuvre de l’approche Nexus Climat-Écosystèmes-Sécurité alimentaire, tout en renforçant les partenariats entre les différents acteurs impliqués.

À travers cette initiative, le CILSS entend contribuer à l’émergence de solutions concertées pour bâtir des systèmes alimentaires plus résilients et préserver durablement les ressources naturelles dont dépendent les populations du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

Pour rappel, créé en 1973, le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) est une organisation intergouvernementale, qui œuvre pour la sécurité alimentaire, la gestion durable des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques dans les pays sahéliens et ouest-africains.

SOB

Contacts presse

Abdoulkarim DAN KOULOU, Chef UAM Communication, Information et

Documentation (CID) – CILSS ; Email : dankoulou.abdoulkarim@cilss.int – Tel. : (226) 75 05 37 77 

Abdoul Aziz BOUBACAR MAINASSARA, Chef Unité Communication,

Information et Documentation (CID) – CILSS/AGRHYMET CCR-AOS

Email : abdoulaziz.mainassara@cilss.int  – Tel. : (227) 96 43 38 99

� https://ncesar.cilss.int  – #ncesar2026 

� Facebook : https://www.facebook.com/systeme.cilss / Twitter : @cilssinfos

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Saison des pluies 2026 : AGRHYMET écarte le scénario d’une sécheresse généralisée au Sahel

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Alors qu’un épisode majeur du phénomène climatique El Niño est en cours de développement en 2026, les experts du Centre régional AGRHYMET appellent à la prudence face aux prévisions alarmistes annonçant une sécheresse généralisée en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Dans une note technique publiée le 31 mai 2026, l’institution régionale souligne que la présence d’un El Niño fort ne conduit pas automatiquement à une mauvaise saison agricole dans la sous-région. Selon les spécialistes, les conditions climatiques actuelles résultent de l’interaction de plusieurs facteurs océaniques et atmosphériques dont les effets peuvent parfois se compenser.

« La présence d’un El Niño fort en 2026 ne signifie pas automatiquement une saison déficitaire sur l’ensemble du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest », indique le document.

AGRHYMET rappelle que les épisodes d’El Niño ont souvent été associés dans le passé à une baisse des précipitations et à des sécheresses dans certaines parties du Sahel. Toutefois, les recherches récentes montrent que cette relation n’est ni systématique ni uniforme. Les températures observées dans l’Atlantique tropical, la Méditerranée et l’océan Indien jouent également un rôle déterminant dans l’évolution de la saison des pluies.

L’expérience du « super El Niño » de 2015-2016 est d’ailleurs citée comme exemple. Malgré l’intensité exceptionnelle du phénomène, les précipitations enregistrées au Sahel n’avaient pas été globalement déficitaires. Certaines zones avaient même bénéficié de conditions pluviométriques favorables grâce à l’influence d’autres bassins océaniques.

Pour la campagne hivernale 2026, les prévisions font apparaître une situation contrastée selon les régions. Dans le Sahel occidental, notamment en Mauritanie, au Sénégal et dans l’ouest du Mali, les experts évoquent un risque accru de déficits pluviométriques, de longues séquences sèches et de sécheresse agricole.

En revanche, le Sahel central et oriental, comprenant le Niger, le Tchad, l’est du Mali et le centre-est du Burkina Faso, pourrait enregistrer des précipitations proches de la normale, voire supérieures à la moyenne. Cette situation pourrait toutefois s’accompagner de risques d’inondations et d’événements météorologiques extrêmes.

Les pays du Golfe de Guinée devraient également connaître des pluies normales à excédentaires avec, par endroits, des épisodes de fortes précipitations susceptibles de provoquer des inondations localisées.

AGRHYMET insiste enfin sur la nécessité de renforcer la surveillance climatique tout au long de la saison. L’institution recommande une actualisation régulière des prévisions et une meilleure utilisation des informations climatiques dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la gestion de l’eau et de la prévention des catastrophes.

Pour les experts, El Niño demeure un facteur de risque important, mais ne doit pas être considéré comme l’unique déterminant de la saison des pluies 2026, qui pourrait être marquée par une forte variabilité selon les régions de l’Afrique de l’Ouest.

Souleymane Brah

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