Société
Nation: Entretien à cœur ouvert avec le président de l’ONG Émergences Citoyennes et Développement Local (ECDL Tishitt), Noura Idi Mamadou sur la question de la paix et du développement.
Présentez-vous à nos lecteurs :
Je me présente Noura Idi Mamadou, sociologue de formation et président de l’ONG Émergences Citoyennes et Développement Local (ECDL Tishitt). Elle est créée en mars 2023 et a son siège à Arlit dans la région d’Agadez.
Pour le mot Tishitt signifie en tamachek un patriote, nous l’avons utilisé pour que les bénéficiaires se reconnaissent dans la structure et aussi faciliter l’appellation de la structure aux couches sociales qui la plupart ne sait ni lire ni écrire.

Qui est ce à motiver la création de votre structure ?
Notre motivation réside dans notre ferme volonté d’apporter notre contribution en tant que Jeune pour contrer tous les faits et défis qui entravent le développement de nos communes et régions et au-delà de notre pays, le Niger. Cela est possible en offrant des cadres de formation et d’information tendant à promouvoir la paix, la cohésion sociale et l’automatisation des femmes et des jeunes via les activités génératrices de revenus, l’entrepreneuriat, réduire le chômage des jeunes et des femmes, les inégalités sociales et de minimiser les effets de changement climatique, mais et surtout de lutter contre la consommation des stupéfiants et le trafic de la drogue, qui faut-il le rappeler, font plus des dégâts dans notre pays.
Dans ce cas, quels sont les objectifs assignés à l’ONG ECDL Tishitt ?
Elle a pour objectif général de contribuer à améliorer les conditions de vie des populations à travers des actions citoyennes et de développement local. Et de façon spécifique, l’ONG vise à Promouvoir la cohésion sociale et la paix à travers des activités de sensibilisation et de dialogue social ; Renforcer l’autonomisation des jeunes et des femmes à travers l’entrepreneuriat.
Dans le contexte sécuritaire national particulièrement de la région d’Agadez, comment comptez-vous apporter votre contribution ?
Au regard du contexte actuel de la région d’Agadez marqué par une insécurité inédite en milieu urbain tout comme rural, du fait notamment de l’exploitation des sites aurifères et du surpeuplement des populations, il est plus qu’urgent de mener des actions pratiques visant à promouvoir la paix et la sécurité, gage de tout développement.
Récemment vous avez participé à un forum. Quels sont les principaux points de votre intervention ?
Notre participation à ce forum au nom de l’ONG et en ma qualité du sociologue m’a permis d’évoquer un certain nombre de facteurs qui participent à la dégradation de la bonne collaboration entre les forces de sécurité Intérieure et les citoyens. Il s’agit en effet, des facteurs liés à la famille, l’ignorance, la pauvreté, la culture, le genre, la démographie et l’incivisme. Enfin, nous avons émis des recommandations qui sont entre autres, à l’endroit des familles, elles doivent jouer pleinement leur rôle, sensibiliser les jeunes et les femmes sur les méthodes pour mieux dénoncer et coopérer avec les forces de sécurité Intérieure pour une sécurisation effective ; Organiser des rencontres sur des thématiques du genre pour prévenir les désordres et certaines violences constatés nuit et jour.
Enfin, votre appel à l’endroit des structures étatiques et les partenaires au développement.
D’abord, à l’endroit des structures des jeunes et des femmes, mon cri de cœur, c’est de les inviter à être encore plus responsable dans leur rôle quotidien tout en mettant en avant cet ardent désir de contribuer à l’épanouissement des citoyens.
À l’égard des partenaires techniques et financiers, c’est de continuer à soutenir les nobles initiatives de ses structures pour les aider à bien mener leurs missions dans le cadre du développement socio-économique du pays.
Société
CNLA : entre vigilance face au criquet pèlerin et modernisation, le Conseil d’administration fixe le cap
Ce mercredi 29 juillet 2026, le Conseil d’administration du Centre National de Lutte Anti-Acridienne (CNLA) a tenu sa session ordinaire. Conformément aux textes régissant l’établissement, il a été question de dresser le bilan de la gestion de l’institution et examiné ses perspectives. Les administrateurs ont également été alertés sur le risque de résurgence acridienne dans un contexte écologique favorable à la reproduction des criquets, avant de découvrir les infrastructures récemment réhabilitées destinées à renforcer les capacités de l’établissement.

Les travaux ont été présidés par Mahaman Sani Mamane, président par intérim du Conseil d’administration, en présence du Directeur général du CNLA, Seydou Zakariyaou, ainsi que de l’ensemble des administrateurs. Dans son allocution d’ouverture, le président par intérim a salué la mobilisation des membres du Conseil avant de rappeler le rôle stratégique du CNLA dans la protection des cultures et des pâturages, contribuant ainsi à la souveraineté alimentaire et à la résilience des systèmes de production du Niger.
Une vigilance renforcée face au risque acridien
« L’heure est à la vigilance », a insisté Mahaman Sani Mamane. Selon lui, les conditions écologiques actuelles demeurent favorables à la reproduction des criquets. Dans les prochaines semaines, des regroupements pourraient être observés dans les zones de reproduction estivale, avec un risque de grégarisation. À cette situation s’ajoute la possibilité d’une migration de criquets en provenance des pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest confrontés à une résurgence acridienne, ce qui exige une surveillance permanente et une capacité de réaction rapide.

Sur le terrain, la situation acridienne demeure, pour l’heure, relativement calme sur l’ensemble des aires de reproduction estivale et de grégarisation du criquet pèlerin. Toutefois, les services techniques du CNLA relèvent que des cumuls pluviométriques particulièrement importants ont été enregistrés dans le septentrion au cours des mois de mai et juin, avec des niveaux supérieurs à ceux observés à la même période en 2025.
Selon les informations remontées par le réseau de surveillance acridienne, plusieurs stations stratégiques deviennent progressivement actives, favorisées par le développement du couvert végétal, notamment dans le Nord-Tamesna et l’Est de l’Aïr. Afin d’établir une cartographie précise de la situation en ce début de campagne, le CNLA a déployé trois équipes de prospection dans les zones du Nord-Est de l’Aïr et du Tadrès. Ces missions ont permis de prospecter une superficie totale de 32 061 hectares.
Les responsables du Centre estiment que si les précipitations se poursuivent au même rythme, une augmentation significative des effectifs acridiens pourrait être observée dans les semaines à venir. À cela pourrait s’ajouter l’arrivée de populations de criquets en provenance des pays de l’Afrique du Nord-Ouest, actuellement confrontés à une résurgence acridienne, notamment si les conditions écologiques venaient à se dégrader dans ces zones.
Dans ce contexte, le CNLA estime indispensable de poursuivre et d’intensifier les opérations de prospection dans les zones à risque afin de détecter précocement toute évolution de la situation et d’éviter une infestation susceptible de compromettre la campagne agricole et pastorale du Niger.
Gestion financière et défis institutionnels examinés
Au cours de cette session, les administrateurs ont examiné plusieurs dossiers relatifs à la gouvernance et au fonctionnement de l’établissement. L’ordre du jour portait notamment sur l’adoption du procès-verbal de la session précédente tenue le 23 décembre 2025, l’examen du bilan d’exécution budgétaire au 31 décembre 2025, celui arrêté au 30 juin 2026, ainsi que le projet de budget réaménagé pour l’exercice 2026.

Les échanges ont également permis d’analyser les principales difficultés auxquelles fait face le CNLA et d’explorer les perspectives de renforcement de ses ressources humaines, matérielles et financières afin d’améliorer l’efficacité des interventions sur le terrain.
Des infrastructures modernisées au service de la lutte antiacridienne
En marge des travaux, le Directeur général du CNLA, Seydou Zakariyaou, a conduit les administrateurs dans une visite des infrastructures récemment réhabilitées. La délégation a notamment découvert le laboratoire rénové, désormais doté d’un cadre de travail plus adapté aux activités des techniciens, chercheurs et étudiants. Les administrateurs ont également visité la nouvelle salle d’archives et de documentation, qui centralisera les fonds documentaires hérités de l’ex-OCLALAV de Zinder.
Au-delà de sa vocation documentaire, cet espace a été conçu pour accueillir des conférences, des expositions et des sessions de formation destinées aussi bien aux professionnels qu’aux étudiants et au grand public. La visite a permis aux membres du Conseil d’administration de constater les efforts engagés pour moderniser les infrastructures du Centre et renforcer ses capacités techniques, scientifiques et documentaires. Ces investissements visent à améliorer les dispositifs de veille, de surveillance et d’intervention face aux menaces acridiennes.
À travers cette session, le Conseil d’administration réaffirme la volonté du CNLA de consolider ses capacités institutionnelles et opérationnelles afin de faire face aux menaces acridiennes, dans un contexte où la protection des productions agricoles et pastorales demeure un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire et la résilience des populations nigériennes.

Société
Tanda : un accord de paix scelle la réconciliation entre les communautés Dendi et Peulh
Les communautés Dendi et Peulh de la commune de Tanda dans le département de Gaya, région de Dosso ont franchi une étape décisive vers le rétablissement de la paix avec la signature, ce mercredi 15 juillet 2026, d’un accord de réconciliation destiné à mettre un terme aux tensions qui ont affecté leurs relations. La cérémonie s’est déroulée sous l’égide de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), avec l’appui du Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD).

Cet accord est l’aboutissement de plusieurs mois de médiation et de dialogue entre les différentes parties. Les consultations menées par la HACP et son partenaire le Dialogue Humanitaire ont permis de rapprocher les positions des acteurs communautaires et de favoriser un consensus autour d’engagements communs en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.
Au cours de la cérémonie très symbolique, les représentants des communautés Dendi et Peulh, les chefs des villages concernés ainsi que les représentants de leurs diasporas ont signé le document officialisant leur volonté de renoncer à toute forme de violence, de privilégier le dialogue pour le règlement des différends et de contribuer à la préservation d’un climat de confiance entre les populations.
La signature des garants de l’accord est venue renforcer la portée de cet engagement. Le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, le Général de brigade Amadou Diddili, le gouverneur de la région de Dosso, le Colonel-major Bana Allassane, le préfet du département de Gaya, le chef de canton de Gaya, l’administrateur délégué de la commune de Tanda, ainsi que des leaders religieux et des représentants des femmes et des jeunes ont tour à tour apposé leur signature sur le document.
Au-delà de son caractère symbolique, cet accord traduit la volonté des différents acteurs de consolider une paix durable dans cette partie du département de Gaya. Les signataires se sont engagés à accompagner sa mise en œuvre afin de prévenir la résurgence des conflits et de renforcer les mécanismes locaux de prévention et de gestion des différends.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts déployés par la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix pour promouvoir le dialogue communautaire dans les zones confrontées à des tensions sociales. Pour les populations de Tanda, cet engagement ouvre une nouvelle perspective en faveur de la stabilité, de la cohésion sociale et du développement local.
SOB
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