Santé
Sommet « One Health » à Lyon : l’Afrique appelle d’une même voix à une transition vers une action collective renforcée
Tenu le 7 avril 2026 à Lyon en France, le Sommet One Healthqui réunissait plusieurs délégations constituaient d’institutions publiques, des universitaires et experts, de la société civile, du secteur privé, des médias et des structures de jeunesse, ont échangé sur les défis et perspectives de promouvoir une approche intégrée de la santé fondée sur le concept One Health.
L’Afrique, largement représentée à ce sommet à travers Galien Africa a parlé d’une même voix quant à sa la volonté de « jouer un rôle moteur dans la promotion d’une santé durable et collaborative » sur le continent.
L’occasion aussi pour les participants africains de réaffirmer que « l’Afrique, riche de ses expériences, de ses innovations et de ses dynamiques communautaires, doit jouer un rôle central dans la construction d’un modèle mondial de santé durable, équitable et résilient ».
Pour marquer leur fort engagement à promouvoir une approche intégrée de la santé fondée sur le concept One Health, reliant santé humaine, animale et environnementale en y apportant une contribution africaine, les pays africains participants au sommet de Lyon sous la conduite de Galien Africa ont adopté une Déclaration, appelant à une transition vers une « action collective renforcée ».
Leur Appel à l’action invite à transformer les engagements en actions concrètes, mesurables et financées, afin de faire de l’approche One Health un levier structurant pour « la souveraineté sanitaire », « le développement durable », « la résilience climatique » et « l’équité en santé en Afrique et dans les pays du Sud ».
La Déclaration des pays africains au sommet One Health de Lyon se veut « un engagement commun en faveur d’un avenir plus juste, plus sûr et plus durable pour toutes les populations » et la réaffirmation de la volonté des pays africains de « poursuivre le dialogue, renforcer les partenariats multisectoriels et contribuer activement aux travaux du One Health ».
- Des constats faits par les participants africains. Ces derniers reconnaissent entre autres que :
– la sécurité sanitaire mondiale dépend d’approches intégrées et multisectorielles ; – le changement climatique, la dégradation des ressources naturelles et la perte accélérée de biodiversité menacent gravement la santé, la nutrition et le bien-être des populations, en particulier dans les pays du Sud, – la souveraineté sanitaire constitue une priorité stratégique pour les pays africains ; -l’innovation locale et la production régionale sont essentielles pour réduire les vulnérabilités structurelles ; – les données scientifiques, climatiques et sanitaires doivent être mieux intégrées pour anticiper les crises ; – l’implication des communautés, des jeunes et des femmes est indispensable à la réussite durable des politiques publiques.
- Engagements et recommandations
Les participants africains appellent les gouvernements, institutions régionales et partenaires internationaux à :
– « Institutionnaliser durablement l’approche One Health » et à « renforcer les cadres juridiques et institutionnels favorisant une gouvernance multisectorielle intégrée et coordonnée » ;
– « Développer des systèmes d’alerte précoce intégrés » et « mettre en place des mécanismes anticipatifs reliant santé, climat et environnement afin de prévenir efficacement les crises sanitaires ».
– « Investir dans les données et les technologies géospatiales » et « promouvoir l’utilisation stratégique des données pour soutenir la planification, la prévention et la prise de décision fondée sur des preuves ». il s’agit de garantir aussi « l’accès libre, équitable et sécurisé à des données fiables ».
– « Encourager l’innovation africaine adaptée aux réalités locales » et « soutenir les innovations frugales et contextuelles répondant aux besoins spécifiques des populations africaines.
– « Accélérer la production locale de solutions de santé » et « développer des capacités industrielles africaines dans les domaines pharmaceutique, vaccinal et des technologies médicales ».
– « Renforcer le capital humain africain » et « former des compétences interdisciplinaires, capables de soutenir la transformation des systèmes sanitaires et environnementaux ».
– « Améliorer la coordination des acteurs et initiatives » et « favoriser la complémentarité des actions par la cartographie des initiatives et le partage des ressources et connaissances ».
– « Garantir une participation communautaire inclusive » et « associer pleinement communautés locales, jeunes et femmes à la conception et à la mise en œuvre des politiques One Health ».
– « Reconnaître le rôle stratégique de la société civile et des médias » et « soutenir leur contribution à la sensibilisation, à la mobilisation citoyenne et à la diffusion des connaissances scientifiques ».
– « Renforcer le leadership africain dans la gouvernance sanitaire mondiale » et « promouvoir une position africaine coordonnée et renforcer la coopération continentale pour porter les priorités africaines dans les forums internationaux ».
Sahirou Youssoufou