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Togo–Russie : Faure Gnassingbé, artisan discret mais influent de la stabilité africaine

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Dans un contexte international tendu, le Président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a effectué une visite de haut niveau à Moscou, accueilli par le Président Vladimir Poutine. Un déplacement inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie d’équilibre, loin des logiques de blocs et axé sur les enjeux essentiels pour le continent.

La visite de Faure Gnassingbé intervient à un moment où le monde connaît une polarisation croissante entre puissances rivales. Dans cet environnement complexe, le choix du dirigeant togolais de se rendre à Moscou n’a rien d’un alignement. Il relève d’une vision constante : dialoguer avec tous pour défendre les intérêts vitaux de l’Afrique, tout en préservant son autonomie stratégique.

Depuis 2021, le Président du Conseil s’est imposé comme un facilitateur discret, sollicité par plusieurs dirigeants africains pour mener des consultations sensibles d’Abou Dhabi à Rome, de Dakar aux capitales sahéliennes. Cette diplomatie feutrée, mais efficace, repose sur la confiance personnelle, la neutralité et la capacité à parler à toutes les parties. Plusieurs sources africaines reconnaissent en lui un interlocuteur crédible, capable d’apaiser les tensions et d’explorer des solutions là où les canaux traditionnels peinent. Cette capacité à “faire le pont” entre acteurs divergents fait aujourd’hui de Faure Gnassingbé l’un des artisans les plus constants de la stabilité régionale, un rôle assumé sans bruit mais apprécié sur le continent.

À Moscou, cette posture s’est confirmée. Sur le plan sécuritaire, Faure Gnassingbé a insisté sur l’urgence d’une coopération renforcée face à la poussée terroriste au Sahel et dans le Golfe de Guinée. « Le Sahel est devenu la nouvelle frontière de la sécurité internationale. Si nous perdons ici, tout le monde perdra », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’un dialogue ouvert avec tous les acteurs capables de contribuer à la stabilité.

Un partenariat tourné vers l’agriculture, l’économie et le capital humain

Hormis les questions sécuritaires, la visite a permis d’aborder un enjeu crucial : l’accès aux intrants agricoles, dans un marché mondial frappé par la flambée des prix des fertilisants. Le Togo, qui prépare une unité nationale de production d’engrais, vise à sécuriser des approvisionnements fiables pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Cette démarche stratégique ambitionne de réduire la dépendance extérieure, de renforcer la chaîne de valeur agricole et d’accroître la souveraineté alimentaire de la région.

Les deux dirigeants ont également échangé sur le capital humain, élément clé du développement. La Russie accueille déjà de nombreux étudiants togolais dans des filières scientifiques, d’ingénierie et de haute technologie. Vladimir Poutine a salué « des jeunes talentueux qui contribueront significativement au développement de leur pays ». Faure Gnassingbé a réaffirmé sa priorité : « Dans le monde d’aujourd’hui, seule la maîtrise de la technologie fait la différence. »

Cette dynamique devrait s’intensifier avec l’ouverture prochaine d’ambassades dans les deux pays, créant de nouvelles perspectives en matière de coopération diplomatique, industrielle, technologique et académique.

Au-delà du symbole, la visite de Faure Gnassingbé au Kremlin illustre la cohérence d’une diplomatie togolaise pragmatique, centrée sur la paix, la coopération utile et la protection des populations. Fidèle à sa méthode, le Président du Conseil avance loin des projecteurs, mais avec une constance appréciée par ses pairs africains. Loin des logiques de blocs, le Togo cherche des partenariats capables de renforcer la sécurité régionale, d’accompagner la transformation économique et de consolider la stabilité. Une conviction que Faure Gnassingbé résume dans une formule désormais emblématique : « L’Afrique n’a pas besoin de diviser le monde. Elle a besoin que le monde l’aide à ne pas se diviser elle-même. »

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Tribune : Sénégal : la rivalité Diomaye–Sonko entre dans l’ère inquiétante des légitimités concurrentes

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L’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale ne constitue pas un simple réaménagement institutionnel. Elle révèle une profonde recomposition du pouvoir sénégalais, où la légitimité constitutionnelle de Bassirou Diomaye Faye entre désormais en concurrence avec la centralité politique et militante du fondateur du PASTEF.

Pendant des mois, le slogan « Diomaye mooy Sonko, Sonko mooy Diomaye » avait servi de colonne vertébrale au récit politique du PASTEF. Cette formule, répétée comme un serment militant, visait à convaincre que le nouveau pouvoir sénégalais fonctionnerait selon une continuité presque organique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. L’un incarnait la légitimité institutionnelle de la magistrature suprême ; l’autre demeurait l’âme idéologique et émotionnelle du mouvement.

Mais l’histoire des systèmes politiques montre une constante : les régimes bâtis autour d’une double incarnation du leadership finissent souvent par produire leurs propres contradictions internes. Car le pouvoir réel supporte rarement deux centres de gravité durables.

L’élection d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale marque ainsi un tournant majeur dans l’évolution politique récente du Sénégal. Ce n’est pas seulement une redistribution de fonctions entre deux figures d’un même camp. C’est une reprise stratégique du cœur parlementaire de l’État par celui qui continue de se considérer comme le dépositaire originel du projet PASTEF.

Et surtout, cette séquence révèle désormais au grand jour une fracture doctrinale que les équilibres politiques précédents tentaient encore de contenir.

Dans son discours prononcé ce mardi après son élection au perchoir, Ousmane Sonko a volontairement adopté un ton institutionnel, presque solennel. Mais derrière cette apparente modération, plusieurs passages traduisent une volonté claire de repositionnement politique.

« Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles », a-t-il déclaré, dans une formule qui vise manifestement à se placer au-dessus des querelles de clans et à se présenter comme garant d’une institution républicaine.

Mais c’est surtout lorsqu’il promet une Assemblée « pleinement engagée dans le contrôle de l’action gouvernementale », attachée à « la transparence », à « la reddition des comptes » et à « la défense de la souveraineté populaire » que le discours prend une dimension beaucoup plus stratégique.

Dans un régime dominé par une majorité issue du même camp politique, insister publiquement sur le contrôle du gouvernement revient implicitement à rappeler que l’exécutif ne bénéficiera plus d’un alignement automatique du Parlement. Autrement dit, Sonko ne s’exprime plus comme un ancien Premier ministre marginalisé. Il se positionne désormais comme le détenteur d’une légitimité politique qu’il estime supérieure à la seule autorité exécutive, tout en réaffirmant avec fermeté le principe de séparation des pouvoirs et le rôle de contrepoids institutionnel de l’Assemblée nationale.

C’est précisément ici que la science politique devient essentielle pour comprendre la nouvelle équation sénégalaise.

Le Sénégal semble entrer dans une phase que certains théoriciens qualifieraient de « dualisation du pouvoir ». Dans les régimes semi-présidentiels africains, la stabilité repose généralement sur la fusion de trois ressources fondamentales : la légitimité populaire, le contrôle partisan et la puissance institutionnelle. Or, depuis plusieurs mois, ces trois dimensions ont commencé à se dissocier.

Bassirou Diomaye Faye conserve naturellement la légitimité constitutionnelle liée à la fonction présidentielle. Mais Sonko, lui, continue d’incarner la légitimité charismatique originelle du mouvement. Son accession au perchoir lui permet désormais de transformer cette influence militante en pouvoir institutionnel structurer.

Cette évolution est capitale. Car elle modifie profondément le centre de gravité du pouvoir sénégalais et ouvre une nouvelle séquence où le Parlement pourrait devenir bien plus qu’un simple espace de délibération institutionnelle.

Le Parlement comme arme politique

Dans les démocraties parlementaires classiques, la présidence de l’Assemblée nationale demeure généralement une fonction d’arbitrage institutionnel. Mais dans les systèmes où le parti majoritaire contrôle massivement l’appareil législatif, ce poste peut devenir un véritable centre alternatif de pouvoir. Et Sonko semble parfaitement conscient de cette réalité.

Lorsqu’il évoque une Assemblée capable de « défendre les intérêts fondamentaux du peuple sénégalais sans pression extérieure », il réactive directement l’ADN souverainiste du PASTEF. Cette posture s’inscrit clairement dans le courant national-populiste souverainiste qui oppose la souveraineté populaire aux contraintes des institutions technocratiques, des bailleurs internationaux ou des élites administratives traditionnelles.

Depuis plusieurs mois, les divergences entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye semblent opposer deux visions du pouvoir : l’une, plus pragmatique, privilégie la stabilité économique, les relations avec les partenaires internationaux et la confiance des investisseurs dans un contexte budgétaire fragile ; l’autre, portée par Sonko, défend une ligne plus radicale et souverainiste, fidèle à l’esprit de rupture qui a fondé le projet politique du PASTEF.

Ce type de tension est classique dans l’histoire des mouvements anti-système. Max Weber évoquait déjà l’opposition entre « l’éthique de conviction » et « l’éthique de responsabilité ». Les mouvements de rupture accèdent souvent au pouvoir grâce à un discours radical mobilisateur. Mais l’exercice concret de l’État impose ensuite des compromis qui fragilisent leur base militante.

Le Sénégal traverse aujourd’hui exactement ce dilemme. Et c’est précisément cette tension idéologique qui alimente désormais une compétition plus profonde : celle de la légitimité politique au sommet de l’État.

La guerre des légitimités

Mais le cas sénégalais possède une singularité supplémentaire : Ousmane Sonko n’a jamais cessé de revendiquer la paternité symbolique et idéologique du projet PASTEF, même si cette prétention au leadership historique est, depuis l’apparition des premières dissensions, de plus en plus contestée et publiquement remise en cause par Bassirou Diomaye Faye.

Dès lors, le Sénégal ne semble plus évoluer vers une simple cohabitation institutionnelle classique. Le pays entre progressivement dans une logique beaucoup plus complexe de concurrence interne des légitimités politiques. Car en théorie constitutionnelle, le président de la République demeure le détenteur suprême du pouvoir exécutif. Mais dans la pratique des régimes africains contemporains, l’autorité réelle dépend souvent autant du contrôle de l’appareil partisan que des seules prérogatives juridiques.

Paradoxalement, aujourd’hui, Ousmane Sonko conserve trois ressources politiques majeures : une forte légitimité militante, une influence considérable sur la majorité parlementaire et une capacité exceptionnelle de mobilisation populaire.

Dans cette nouvelle architecture institutionnelle, Bassirou Diomaye Faye risque paradoxalement d’exercer la fonction présidentielle sans maîtriser totalement le récit politique national. C’est probablement là que réside le véritable cœur de la crise. La politique contemporaine ne repose plus uniquement sur la détention des compétences constitutionnelles, elle dépend également de la capacité à imposer une narration dominante, à incarner une vision collective et à maintenir une connexion émotionnelle durable avec les bases militantes.

Or, sur ce terrain stratégique de l’incarnation politique, Sonko conserve une avance considérable. Son parcours, construit autour de la confrontation avec le système, du discours souverainiste et de la mobilisation populaire, lui confère encore une puissance symbolique largement supérieure à celle de nombreux responsables institutionnels classiques.

Autrement dit, Bassirou Diomaye Faye détient l’autorité juridique de l’État, mais Sonko continue d’occuper, dans l’imaginaire d’une partie importante des militants, la centralité historique du combat ayant porté le PASTEF au pouvoir.

Son arrivée au perchoir ne referme donc pas la crise ouverte au sommet de l’État sénégalais. Elle lui donne au contraire une traduction institutionnelle beaucoup plus structurée et potentiellement durable. Le pays entre désormais dans une phase où deux centres de légitimité coexistent à l’intérieur du même système : d’un côté, la légitimité constitutionnelle de la présidence ; de l’autre, une légitimité militante et parlementaire concentrée autour du chef historique du mouvement.

L’histoire politique montre pourtant qu’aucun pouvoir bicéphale ne demeure durablement stable sans clarification progressive des rapports de force. Et c’est précisément cette ambiguïté institutionnelle qui pourrait désormais peser sur la gouvernance même du Sénégal.

Vers une gouvernance sous tension

La première conséquence pourrait être un ralentissement de l’action publique. Chaque grande réforme risque désormais de devenir un terrain de négociation interne, de démonstration d’influence ou de rivalité politique.

La seconde concerne la stabilité gouvernementale elle-même. Si Sonko utilise son poids parlementaire comme levier politique, le gouvernement pourrait se retrouver face à une majorité officiellement acquise mais politiquement fragmentée.

À cela s’ajoute un risque plus profond : celui d’une présidentialisation concurrentielle du pouvoir. Dans les systèmes africains contemporains, le chef de l’État est traditionnellement perçu comme l’unique centre d’autorité nationale. Mais lorsqu’un président de l’Assemblée dispose lui-même d’une base populaire autonome et d’un appareil partisan puissant, une rivalité de centralité politique peut émerger au sommet de l’État.

Cette dualité pourrait progressivement brouiller la lisibilité de l’action publique, affaiblir la cohérence stratégique du pouvoir et accentuer les tensions internes au sein du PASTEF. Mais le danger le plus sensible reste probablement social et politique.

Une partie importante de la jeunesse sénégalaise ne s’identifie pas seulement à un programme de gouvernement. Elle s’identifie à une figure de rupture incarnée par Ousmane Sonko. Si les tensions au sommet venaient à s’aggraver, le risque serait alors de voir la confrontation institutionnelle se transformer en polarisation populaire. C’est précisément ce point de bascule que le Sénégal semble désormais approcher.

Donis AYIVI, Politiste et Consultant en communication stratégique

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Coopération Niger-Algérie : Le Premier Ministre Algérien reçu par le Président de la République

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Au Palais de la Présidence, Son Excellence le Général d’Armée ABDOURAHAMANE TIANI, Président de la République, Chef de l’État, a reçu en audience, ce jour 24 mars 2026, son Excellence Monsieur Sifi Ghrieb, Premier Ministre de la République Algérienne Démocratique et Populaire, accompagné d’une importante délégation.

À l’issue de l’audience, le Premier Ministre Algérien a livré les conclusions des travaux de la deuxième session de la grande commission mixte Niger-Algérie de coopération, objet de sa visite au Niger.

Après avoir salué l’accueil chaleureux qu’il a reçu, lui et sa délégation de la part du Gouvernement Nigérien, le Premier Ministre Algérien a exprimé toute sa satisfaction quant aux résultats des travaux de ladite session, notamment la consolidation du cadre juridique et la signature de plusieurs textes importants. Il a également souligné l’importance de la coopération entre les deux pays, héritée de liens de solidarité historique et de la nécessité de répondre aux défis régionaux.

Le Premier ministre a mis en avant les secteurs clés de coopération, tels que les hydrocarbures, l’agriculture, la santé, la formation professionnelle, l’enseignement, la jeunesse, la culture et la communication numérique. Il a également évoqué plusieurs grands projets en cours.

Le Premier Ministre Algérien a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération sécuritaire pour faire face aux menaces terroristes et aux activités criminelles. Enfin, il a réitéré sa satisfaction quant aux résultats de la session et souligné l’importance du suivi de l’exécution des conclusions pour concrétiser la vision des deux chefs d’État.

C’était en présence du Premier Ministre Nigérien, S.E.M. Ali Mahamane Lamine Zeine, des membres du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), de plusieurs membres du Gouvernement, des membres de la délégation Algérienne, du Conseiller Chargé des Questions stratégiques et Diplomatiques du Président de la République, Chef de l’État, et de plusieurs responsables de Sociétés d’États.

Source:Présidence de la République du Niger

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