International
Sahara marocain : le Ghana réaffirme son soutien au Plan marocain d’autonomie
Dans la continuité de la reconnaissance, le 1er juin dernier, par le Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies, du Plan d’autonomie marocain comme « la base la plus crédible, viable et pragmatique pour un règlement durable du différend régional autour du Sahara », et ce, après deux autres membres permanents, à savoir les États-Unis et la France, c’est autour de la République du Ghana de confirmer son soutien au Plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007.

La confirmation de ce soutien a été faite, le 5 juin dernier, par le ministre des Affaires Étrangères de la République du Ghana, S.E.M. Samuel Okudzeto Ablakwa, en visite de travail au Royaume du Maroc où il a été reçu par S.E.M. Nasser Bourita, ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Étranger.
Outre la réaffirmation de sa position claire sur la question du Sahara marocain, le Ghana, par la voix de son chef de la diplomatie, a glorifié les efforts déployés dans le cadre des Nations Unies, considérées comme « le cadre exclusif pour parvenir à une solution politique réaliste, pratique et durable à ce différend régional ».
Pour la République du Ghana, le Plan d’autonomie présenté par le Royaume du Maroc constitue « la seule base crédible, sérieuse et réaliste pour parvenir à une solution politique mutuellement acceptable, dans le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc ».
- Raffermissement des liens historiques d’amitié et de solidarité entre les deux pays
A l’occasion de leurs entretiens dans le cadre de cette visite du ministre Samuel Okudzeto, les deux chefs de la diplomatie, marocaine et ghanéenne, se sont penchés sur les liens de coopération agissante qui unissent les deux pays sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de S.E.M. John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana.
L’occasion pour les deux ministres de saluer les avancées réalisées dans le cadre de cette coopération, depuis la visite royale en février 2017 au Ghana, avant de s’engager à intensifier leur coopération bilatérale dans tous les domaines stratégiques. Les deux pays se sont engagés surtout à renforcer des secteurs, tels que ceux des engrais, du ciment, de la banque, du logement et des infrastructures où la présence marocaine est déjà significative. Ils entendent aussi explorer des nouvelles opportunités dans les domaines des énergies vertes, du numérique, de la logistique, de l’éducation et de la formation.
Les deux pays se sont engagés aussi à accorder une attention toute particulière aux échanges économiques, à travers notamment l’organisation très prochaine d’une « Semaine de la promotion économique du Ghana » au Maroc, qui sera suivie d’une mission économique marocaine en République du Ghana.
Pour une meilleure coordination dans ces échanges, il est prévu la mise en place d’un comité conjoint de suivi pour assurer l’exécution effective des projets et identifier de nouveaux axes de coopération dans des secteurs comme l’agriculture, les pêches, la recherche, l’urbanisme ou encore l’enseignement supérieur.
Les questions de défense, de la sécurité alimentaire et de la coopération militaire qui constituent des axes de convergence pour les deux pays occuperont une place de choix dans le cadre de cette coopération. A cet effet, une délégation d’experts marocains se rendra prochainement au Ghana pour des études de faisabilité dans le domaine des engrais et de la sécurité alimentaire. Au même moment, un mémorandum d’entente militaire sera très bientôt signé entre les deux pays, preuve d’une volonté partagée entre le Maroc et le Ghana de répondre efficacement aux défis sécuritaires régionaux.
Sur le plan de la mobilité, le Maroc s’est engagé à faciliter aux citoyens ghanéens, l’accès à ses territoires, en mettant en œuvre, « dès à présent, l’Autorisation Électronique de Voyage au Maroc (AEVM) », en attendant l’établissement d’un accord d’exemption de visa pour les passeports ordinaires.
La question de l’investissement dans le capital humain qui est un pilier fondamental de la coopération maroco-ghanéenne a largement été débattu par les deux délégations. Il ressort de leurs discussions que « le nombre de bourses octroyées par le Maroc aux étudiants ghanéens passera de 90 à 140 par an ». Le renforcement des échanges académiques entre les deux pays sera également observé.
Outre les questions bilatérales, le Maroc a tenu à saluer, au plan continental, l’engagement actif du Ghana en faveur de l’intégration régionale, et aux deux pays de réaffirmer leur appui aux efforts africains pour la paix et la stabilité, notamment dans le Sahel et le Golfe de Guinée. Ils se sont engagés aussi à se soutenir mutuellement dans les candidatures aux postes internationaux, puis de marquer leur volonté commune à renforcer la voix de l’Afrique sur la scène mondiale.
L’Initiative Royale visant à offrir un accès à l’Atlantique aux pays sahéliens a vivement été magnifiée par les deux parties qui ont tenu aussi à exprimer leur appui total au mégaprojet du gazoduc atlantique qui est « porteur d’un véritable potentiel d’intégration économique et énergétique du continent ».
Notons enfin que cette visite s’inscrit dans une dynamique durable de coopération Sud-Sud, « bâtie sur des valeurs de respect mutuel, de co-développement et de prospérité partagée ». En somme, un partenariat stratégique que le Maroc et le Ghana entendent inscrire dans le long terme, au service des peuples africains et d’un continent plus uni, plus fort et plus souverain, capable d’amorcer son propre essor de développement.
S. Youssouf
International
Togo–Russie : Faure Gnassingbé, artisan discret mais influent de la stabilité africaine
Dans un contexte international tendu, le Président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a effectué une visite de haut niveau à Moscou, accueilli par le Président Vladimir Poutine. Un déplacement inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie d’équilibre, loin des logiques de blocs et axé sur les enjeux essentiels pour le continent.

La visite de Faure Gnassingbé intervient à un moment où le monde connaît une polarisation croissante entre puissances rivales. Dans cet environnement complexe, le choix du dirigeant togolais de se rendre à Moscou n’a rien d’un alignement. Il relève d’une vision constante : dialoguer avec tous pour défendre les intérêts vitaux de l’Afrique, tout en préservant son autonomie stratégique.
Depuis 2021, le Président du Conseil s’est imposé comme un facilitateur discret, sollicité par plusieurs dirigeants africains pour mener des consultations sensibles d’Abou Dhabi à Rome, de Dakar aux capitales sahéliennes. Cette diplomatie feutrée, mais efficace, repose sur la confiance personnelle, la neutralité et la capacité à parler à toutes les parties. Plusieurs sources africaines reconnaissent en lui un interlocuteur crédible, capable d’apaiser les tensions et d’explorer des solutions là où les canaux traditionnels peinent. Cette capacité à “faire le pont” entre acteurs divergents fait aujourd’hui de Faure Gnassingbé l’un des artisans les plus constants de la stabilité régionale, un rôle assumé sans bruit mais apprécié sur le continent.
À Moscou, cette posture s’est confirmée. Sur le plan sécuritaire, Faure Gnassingbé a insisté sur l’urgence d’une coopération renforcée face à la poussée terroriste au Sahel et dans le Golfe de Guinée. « Le Sahel est devenu la nouvelle frontière de la sécurité internationale. Si nous perdons ici, tout le monde perdra », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’un dialogue ouvert avec tous les acteurs capables de contribuer à la stabilité.
Un partenariat tourné vers l’agriculture, l’économie et le capital humain
Hormis les questions sécuritaires, la visite a permis d’aborder un enjeu crucial : l’accès aux intrants agricoles, dans un marché mondial frappé par la flambée des prix des fertilisants. Le Togo, qui prépare une unité nationale de production d’engrais, vise à sécuriser des approvisionnements fiables pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Cette démarche stratégique ambitionne de réduire la dépendance extérieure, de renforcer la chaîne de valeur agricole et d’accroître la souveraineté alimentaire de la région.
Les deux dirigeants ont également échangé sur le capital humain, élément clé du développement. La Russie accueille déjà de nombreux étudiants togolais dans des filières scientifiques, d’ingénierie et de haute technologie. Vladimir Poutine a salué « des jeunes talentueux qui contribueront significativement au développement de leur pays ». Faure Gnassingbé a réaffirmé sa priorité : « Dans le monde d’aujourd’hui, seule la maîtrise de la technologie fait la différence. »
Cette dynamique devrait s’intensifier avec l’ouverture prochaine d’ambassades dans les deux pays, créant de nouvelles perspectives en matière de coopération diplomatique, industrielle, technologique et académique.
Au-delà du symbole, la visite de Faure Gnassingbé au Kremlin illustre la cohérence d’une diplomatie togolaise pragmatique, centrée sur la paix, la coopération utile et la protection des populations. Fidèle à sa méthode, le Président du Conseil avance loin des projecteurs, mais avec une constance appréciée par ses pairs africains. Loin des logiques de blocs, le Togo cherche des partenariats capables de renforcer la sécurité régionale, d’accompagner la transformation économique et de consolider la stabilité. Une conviction que Faure Gnassingbé résume dans une formule désormais emblématique : « L’Afrique n’a pas besoin de diviser le monde. Elle a besoin que le monde l’aide à ne pas se diviser elle-même. »
International
Afreximbank Renouvelle son Partenariat avec l’AAAM pour Promouvoir l’Industrialisation du Secteur Automobile Africain
Alger, le 23 Septembre 2025 – La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a renouvelé son Protocole d’Accord avec l’Association Africaine des Constructeurs Automobiles, harmonisant ainsi les efforts visant à promouvoir le commerce Intra-Africain et les investissements dans le secteur automobile du continent.

Le Protocole d’Accord a été signé en marge de la Foire Commerciale Intra-Africain 2025 (IATF2025) qui s’est récemment tenu à Alger, en Algérie, par le Dr Gainmore Zanamwe, Directeur de la Facilitation du Commerce et de la Promotion des Investissements à l’Afreximbank, et Mme Martina Biene, Présidente de l’AAAM. Ses principaux piliers sont les chaînes de valeurs automobiles régionales, le financement automobile, ainsi que l’élaboration de politiques et le renforcement des capacités.
Lors de la cérémonie de signature, M. Zanamwe a exprimé l’engagement d’Afreximbank à soutenir le développement du secteur automobile en Afrique.
Il a ajouté : « Ce Protocole d’Accord souligne l’engagement d’Afreximbank et de l’AAAM à renforcer les objectifs d’industrialisation de l’Afrique grâce à des partenariats stratégiques. En alignant l’innovation financière, le soutien politique et le développement de la chaîne de valeur au sein du secteur automobile, nous favorisons une nouvelle ère de commerce et de fabrication Intra-Africains. Notre engagement en faveur de cette initiative démontre comment les ressources et l’expertise d’Afreximbank peuvent transformer les aspirations continentales en résultats économiques tangibles. »
Il a déclaré que le Protocole d’Accord devrait catalyser l’industrialisation en stimulant la fabrication automobile locale, renforcer l’intégration régionale, améliorer les flux commerciaux, créer des emplois qualifiés et réduire la dépendance à l’égard des importations de véhicules d’occasion à travers l’Afrique.
« Afreximbank a été un partenaire exceptionnel dans notre quête pour stimuler la croissance et l’industrialisation de l’industrie automobile sur le continent. Nous sommes ravis du renouvellement du Protocole d’Accord. La logistique, l’énergie, le développement des compétences et les mécanismes de financement doivent suivre le rythme de nos ambitions. Le leadership d’Afreximbank est essentiel à cet égard, mais l’engagement de nos Gouvernements à investir dans des infrastructures qui relient les usines aux marchés l’est tout autant », a déclaré Mme Biene, Présidente de l’AAAM.
Le cadre revitalisé s’aligne sur l’ambition d’expansion stratégique de l’AAAM en la positionnant de manière à tirer parti de la portée continentale et du mandat de promotion commerciale d’Afreximbank. Il favorise les efforts coordonnés visant à cartographier et à activer les chaînes de valeurs régionales, à déployer des solutions de financement spécifiques à l’automobile et à renforcer les environnements politiques nationaux et continentaux dans le domaine de l’automobile. Il prévoit également une collaboration avec des institutions telles que l’Union Africaine, le Secrétariat de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) et l’Organisation Africaine de Normalisation (ARSO), afin d’améliorer la facilitation des échanges, le renforcement des capacités, l’harmonisation des normes et la mobilisation de financements mixtes pour catalyser l’industrialisation et la croissance durable du secteur automobile Africain.
« Nous devons nous unir avec les principales parties prenantes pour permettre une mobilité abordable en Afrique. La mise en place d’un financement abordable des véhicules et des actifs permettra de libérer le potentiel du continent. Malgré les défis, les opportunités sont immenses.
Grâce à une action coordonnée, l’Afrique pourra fabriquer au moins entre 3,5 et 5 millions de véhicules par an d’ici 2035, créant ainsi des emplois pour nos jeunes, renforçant les chaînes d’approvisionnement locales et garantissant que les avantages de l’industrialisation soient partagés sur tout notre continent », a ajouté Mme Biene.
Le Salon Africain de l’Automobile organisé dans le cadre de l’IATF2025 a réuni des acteurs du secteur automobile, notamment des constructeurs, des sous-traitants et des équipementiers. Il visait à promouvoir le potentiel Africain dans le domaine de la construction automobile et à renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales.
Organisé en collaboration avec l’AAAM, le salon était axé sur le développement des chaînes d’approvisionnement automobiles régionales dans toute l’Afrique.
Avec plus de 112 000 visiteurs venus de 132 pays, l’IATF2025, qui s’est déroulé du 4 au 10 Septembre, s’est terminé sur une note remarquablement positive avec 48,3 milliards de dollars Américains d’accords commerciaux et d’investissement signés au cours des sept jours de l’exposition continentale. Elle a accueilli 2 148 exposants.
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