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Société

Santé de la reproduction au Niger : la société civile appelle à optimiser les ressources face au recul de l’aide internationale !

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Dans un contexte marqué par la diminution, voire la suppression de l’aide publique au développement et la reconfiguration des priorités des bailleurs internationaux, la Coalition des Acteurs pour le Repositionnement de la Planification Familiale au Niger (CAR/PF), avec l’appui de Marie Stopes International, a organisé du 25 au 26 juin 2026, un atelier national de validation de l’étude intitulée : « Analyse situationnelle rapide sur l’optimisation des ressources destinées à la santé de la reproduction dans des contextes difficiles».

Organisée dans la salle de réunion du Stade Général Seyni Kountché de Niamey, cette rencontre a réuni les principales organisations de la société civile engagées dans la promotion de la santé de la reproduction et de la planification familiale. Au-delà de la validation technique du document, les échanges ont permis d’analyser les défis liés à cette nouvelle conjoncture mondiale et propose des pistes pour optimiser les ressources disponibles, renforcer la gouvernance des financements et préserver l’accès des populations aux services essentiels de santé  reproductive et de planification familiale.

Une situation internationale de plus en plus contraignante

Dans son allocution d’ouverture, le président du Conseil d’administration de la CAR/PF a rappelé que le financement mondial de la santé connaît une période de fortes turbulences depuis la pandémie de COVID-19. À cette situation se sont ajoutées la suppression du financement américain avec le démantèlement de l’USAID et le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé, deux évolutions qui accentuent les incertitudes pesant sur plusieurs programmes de santé dans les pays en développement comme le Niger. A cela s’ajoute l’annonce de la réduction de l’enveloppe allouée par certains bailleurs de fonds.

En effet,ces turbulences interviennent dans un contexte national déjà marqué par des défis politiques, économiques et sécuritaires, défis accentués par la position de la CEDEAO suite aux évènements du 26 Juillet 2023 qui fragilisent les interventions en matière de santé de la reproduction. C’est pourquoi a-t-il ajouté, au niveau de la CAR/PF, cette nouvelle réalité impose une réflexion approfondie sur les mécanismes de financement et sur la capacité du pays et des organisations à assurer progressivement une plus grande autonomie dans ce domaine.

Une analyse pour orienter les politiques publiques sur la question de la SR/PF

Le rapport d’analyse validé par la société civile dresse un diagnostic de la situation de la santé de la reproduction et de la planification familiale au Niger. Elle analyse les mécanismes actuels de financement ainsi que les pratiques existantes en matière de gestion des ressources.

Mieux, le document met en évidence plusieurs stratégies à fort impact pour améliorer l’utilisation des ressources disponibles, renforcer leur mobilisation et promouvoir une gouvernance fondée sur la transparence, la redevabilité et le suivi des engagements. Les recommandations formulées visent à fournir aux pouvoirs publics, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de la société civile des éléments d’aide à la décision dans un contexte de ressources de plus en plus limitées.

Les jeunes, les adolescents et les femmes en première ligne

Les résultats de l’étude montrent que la réduction des financements internationaux risque d’affecter en priorité les organisations nationales, dont les interventions portent largement sur la sensibilisation communautaire, l’information des populations et la création de la demande en services de santé de la reproduction.

Dans un pays comme le Niger où la population est majoritairement jeune, une diminution de ces activités pourrait compromettre l’accès des femmes, des adolescents et des jeunes aux services de santé reproductive, avec des répercussions potentielles sur la santé maternelle, la prévention des infections sexuellement transmissibles et l’accès à la planification familiale.

Pourtant même les organisations internationales ne sont pas épargnées. Selon l’analyse, la baisse des financements pourrait conduire à une réduction de certains paquets de services, notamment l’approvisionnement des formations sanitaires en intrants indispensables aux prestations de santé de la reproduction.

Face à ces contraintes, plusieurs organisations ont déjà engagé des stratégies d’adaptation, notamment la diversification des partenaires techniques et financiers, la recherche de nouvelles opportunités de financement et l’élaboration de propositions de projets destinées à assurer la continuité des interventions.

Des recommandations pour assurer une souveraineté du financement de la SR/PF au Niger

Pour faire face à ces nouveaux défis, l’analyse recommande à l’État de mettre en place un cadre permanent de concertation réunissant l’ensemble des acteurs de la santé de la reproduction et de renforcer progressivement la souveraineté nationale en matière de financement du secteur. Elle invite également la CAR/PF à mieux valoriser les initiatives locales à travers la capitalisation des expériences, le partage des bonnes pratiques et le renforcement de la collaboration entre les organisations de la société civile.

Enfin, les partenaires internationaux sont encouragés à développer davantage de mécanismes de financement direct au profit des organisations nationales, en privilégiant des procédures plus souples, plus accessibles et adaptées aux réalités des structures communautaires.

Au terme des deux journées de travaux, les participants à cet atelier national de validation de l’analyse situationnelle sont unanimes que dans un contexte de recul de l’aide internationale, l’optimisation des ressources existantes ne constitue plus seulement une option de gestion, mais un impératif stratégique pour préserver les acquis en matière de santé de la reproduction et garantir un accès durable à des services essentiels pour les populations nigériennes.

SOB

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Climat : cinq journalistes africains donnent la parole aux bâtisseurs de résilience au Sahel

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Loin des récits qui réduisent souvent le Sahel à ses crises, un nouvel ouvrage collectif met en lumière celles et ceux qui, au quotidien, inventent des solutions pour faire face aux effets du changement climatique. À travers des reportages réalisés sur le terrain, cinq journalistes africains racontent un Sahel qui résiste, s’adapte et continue d’avancer malgré les difficultés.

Sécheresses récurrentes, désertification, pression sur les ressources naturelles, conflits liés à l’accès à la terre ou à l’eau : les défis auxquels fait face le Sahel sont nombreux. Pourtant, derrière ces réalités souvent mises en avant dans les rapports internationaux, des milliers de femmes et d’hommes s’organisent chaque jour pour protéger leurs moyens de subsistance et préparer l’avenir.

C’est cette autre facette de la région que met en lumière « Celles et ceux qui ne plient pas : Récits et visages de l’urgence climatique au Sahel », un ouvrage collectif publié aux Éditions Plume Libre.

Fruit du travail de cinq journalistes africains formés dans le cadre du Programme de journalisme environnemental de Mongabay Afrique, en partenariat avec le Réseau africain des journalistes environnementaux francophones (RAJEF), le livre rassemble des récits de terrain qui donnent un visage humain aux enjeux climatiques.

Réparti sur 73 pages et structuré en quatre chapitres, l’ouvrage explore les liens étroits entre environnement, économie, sécurité et cohésion sociale dans une région particulièrement exposée aux effets du changement climatique.

Du Burkina Faso au Tchad, en passant par le Niger et le Mali, les auteurs sont allés à la rencontre de communautés qui refusent de céder au fatalisme.

Au Burkina Faso, le journaliste Abel Yerbanga raconte comment l’agroécologie et les bio-intrants artisanaux contribuent à restaurer des terres dégradées tout en offrant de nouvelles perspectives économiques aux jeunes. Au Niger, Souleymane Oumarou Brah s’intéresse aux tensions grandissantes entre agriculteurs et éleveurs dans un contexte marqué par l’avancée du désert et la raréfaction des ressources naturelles. Au Mali, Albakaye Bollo Cissé documente les conséquences du déclin du Lac Faguibine sur la vie des populations riveraines. Au Tchad, Rimteta Ngarndinon met en lumière des initiatives locales qui renforcent à la fois l’adaptation climatique et la cohésion sociale.

Pour Juste Edgard Agbanou, coordonnateur de l’ouvrage et président du RAJEF, le projet est né d’une volonté simple, replacer l’humain au centre du récit climatique.

« Derrière les statistiques froides, il y a des vies, des émotions et des courages immenses. Nous voulions montrer les visages et mieux porter les voix de celles et ceux qui refusent de subir sans rien faire face aux effets des changements climatiques au Sahel », explique-t-il.

Au-delà des constats, le livre porte également un message d’espoir. Il défend l’idée que les réponses aux défis climatiques peuvent aussi émerger des savoirs locaux, de l’engagement communautaire et des initiatives développées sur le terrain. Une vision que ses promoteurs qualifient de « souveraineté verte ».

Dans la préface, Juliette Chapalain, la marraine de cette cohorte salue le travail accompli par les auteurs et leur capacité à raconter les réalités du terrain avec justesse. Elle met en avant la solidarité et l’indépendance qui ont guidé leur démarche journalistique.

Disponible sur Amazon et progressivement distribué dans plusieurs librairies partenaires, « Celles et ceux qui ne plient pas » constitue le premier volume d’une trilogie éditoriale initiée par le RAJEF. L’ambition est de poursuivre ce travail de documentation à travers d’autres récits consacrés aux réalités environnementales et humaines du continent africain.

À travers cet ouvrage, les auteurs rappellent finalement une évidence souvent oubliée : si le Sahel est confronté à d’immenses défis, il est aussi une terre d’initiatives, d’ingéniosité et d’espoir, portée par des communautés qui construisent chaque jour leurs propres réponses aux bouleversements climatiques.

La Voix du Peuple

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N-CESAR 2026 : le Sahel réfléchit à son avenir climatique et alimentaire !

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Ce mardi 16 juin 2026, se sont ouverts dans la salle de réunion du Centre de conférences Mahatma Gandhi de Niamey les travaux du colloque international sur le Nexus Climat-Écosystème pour une Souveraineté Alimentaire et une Résilience durable en Afrique de l’Ouest et au Sahel (N-CESAR 2026).

Organisé par le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) à travers son centre régional AGRYMET, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), avec le soutien des partenaires techniques et financiers notamment l’Union Européenne, la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement et de la Banque Islamique de Développement.

A cette grande rencontre scientifique, les représentants des organisations régionales et internationales, les partenaires techniques et financiers, les chercheurs, les universitaires, les experts et les représentants des organisations professionnelles, de la société civile et du secteur privé réfléchissent aux moyens de mieux articuler les enjeux climatiques, environnementaux et alimentaires afin d’identifier des solutions capables de renforcer durablement la résilience des populations d’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

une vue de la table de séance des officiels

De l’ouverture des travaux

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, le Colonel Mahamane El Hadj Ousmane, en présence de son homologue ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Abdoulaye Maizama, le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr Abdoulaye Mohamadou, le Gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Abdou Assoumane Harouna, ainsi que Mamadou Tangara représentant résident de la Banque africaine de développement au Niger.

Dans son adresse de bienvenue, le Gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Abdou Assoumane Harouna, a indiqué l’ambition de ce colloque : « s’inscrit fort opportunément dans la vision de nos trois chefs d’Etat de la confédération AES qui font de la souveraineté alimentaire, de la gestion durable de nos ressources naturelles et de la résilience climatique des priorités stratégiques pour l’avenir de nos peuples ».

Pour sa part, Mamadou Tangara représentant résident de la Banque Africaine de Développement au Niger (BAD) a noté un parfait alignement entre les résultats attendus de ce colloque et les priorités de la stratégie décennale de son institution sur la période 2024-2033 notamment ses quatre points cardinaux « à savoir mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement de développement de l’Afrique, reformer l’architecture financière africaine, mobiliser le dividende démographique pour en faire un levier de croissance économique et enfin bâtir des infrastructures de résilience ».

Une vue des participants à la cérémonie d’ouverture

Dans son discours le Secrétaire exécutif du CILSS, Dr Abdoulaye Mohamadou s’est félicité de l’implication des autorités nigériennes pour la réussite de ce colloque qui vise à renforcer la souveraineté alimentaire et la résilience durable en Afrique de l’Ouest et au Sahel à travers une approche intégrée mobilisant la science, l’innovation et la coopération pour transformer durablement les systèmes alimentaires et restaurer les écosystèmes. Plus spécifiquement, il vise à établir un état des lieux des enjeux, défis et contraintes majeurs liés au climat, à la dégradation des terres, à la perte de biodiversité et aux tensions sur le système alimentaire.

Dans son adresse d’ouverture, le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, le Colonel Mahamane El Hadj Ousmane, a, au nom des plus hautes autorités nationales, salué le CILSS et l’ensemble de partenaires associés à la réussite de cet évènement tout en appelant à la mobilisation des ressources financières, de promouvoir l’innovation, d’accélérer la diffusion des technologies adaptées et de consolider les cadres de gouvernance pour favoriser des actions concertées à tous les niveaux.

« Aujourd’hui nous lançons un appel solennel à la communauté internationale, aux institutions financières régionales et mondiales, aux banques multilatérales de développement, aux fonds climatiques, au secteur privé et à tous les partenaires techniques et financiers. Cet appel s’inscrit dans la continuité de nos efforts communs depuis plus de cinq décennies. L’Afrique de l’Ouest et le Sahel ne demandent pas seulement une assistance ; ils proposent des solutions, portent des innovations et démontrent chaque jour leur capacité à transformer les défis en opportunités ».

 Miser sur les solutions locales, la science, l’innovation et la coopération

Au cours de ces trois jours des travaux, les échanges porteront notamment sur les conséquences du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Les participants examineront également les innovations développées dans différents pays de la région ainsi que les stratégies susceptibles d’accélérer l’adaptation des systèmes agricoles et pastoraux aux nouvelles contraintes climatiques.

Une attention particulière sera accordée aux approches intégrées associant restauration des terres dégradées, préservation de la biodiversité, gestion durable des ressources naturelles et développement des chaînes de valeur agricoles. L’objectif est de promouvoir des solutions concrètes capables d’améliorer les conditions de vie des populations tout en renforçant leur résilience face aux chocs climatiques.

une photo de famille des officiels

Les travaux permettront également de mettre en lumière des expériences menées à l’échelle locale et de favoriser les échanges entre chercheurs, producteurs, organisations paysannes et institutions publiques afin d’identifier les pratiques les plus efficaces et les plus facilement reproductibles dans d’autres territoires.

Souleymane BRAH

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